La Banque centrale du Nigeria (CBN) a annoncé une amélioration significative de ses réserves de change à la fin de l’année 2024. Le niveau des réserves nettes s’élève désormais à 23,11 milliards de dollars, soit son plus haut niveau depuis plus de trois ans.
Ce chiffre marque une hausse impressionnante par rapport aux 3,99 milliards de dollars enregistrés fin 2023. Pour rappel, les réserves nettes s’élevaient à 8,19 milliards en 2022 et 14,59 milliards en 2021.
Une politique de stabilisation
Cette augmentation ne doit rien au hasard. La CBN a mené une politique active de réduction de ses obligations de court terme, notamment en limitant les swaps de devises et les contrats à terme. Ces engagements financiers réduisent la liquidité disponible et peuvent fragiliser la position d’un pays en cas de choc extérieur.
En parallèle, la Banque centrale a mis en place des réformes pour rétablir la confiance des investisseurs et augmenter les entrées de devises étrangères. Une partie significative de ces flux ne provient plus uniquement du secteur pétrolier, mais aussi de sources non pétrolières, un signe encourageant pour la diversification économique du Nigeria.
Un renforcement durable ?
Les réserves de change brutes ont également progressé, atteignant 40,19 milliards de dollars, contre 33,22 milliards un an plus tôt. Cette progression s’inscrit dans un effort de long terme visant à renforcer la résilience financière du pays.
Le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, insiste sur le caractère stratégique de cette amélioration. « Cette progression de nos réserves nettes n’est pas un accident, c’est le fruit de choix politiques délibérés visant à restaurer la confiance, réduire les vulnérabilités et poser les bases d’une stabilité durable. »
Les perspectives pour 2025
Cette dynamique devrait se poursuivre en 2025. Certes, les premiers mois de l’année ont été marqués par des paiements d’intérêts sur la dette en devises étrangères, mais les fondamentaux restent solides.
La Banque centrale mise sur plusieurs leviers pour maintenir la progression des réserves :
- Une augmentation de la production pétrolière,
- Une diversification des exportations,
- Une gestion prudente des politiques monétaires et budgétaires.
Avec cette stratégie, la CBN espère attirer davantage d’investissements étrangers et stabiliser le taux de change du naira. Une position forte en devises est essentielle pour éviter la volatilité des marchés et assurer un climat économique favorable à la croissance.
Le Nigeria semble avoir repris le contrôle de sa politique de change après plusieurs années d’instabilité. La hausse des réserves témoigne d’un retour de la confiance et d’une meilleure gestion des engagements financiers.
Si cette tendance se confirme, elle pourrait renforcer la stabilité économique du pays et offrir un cadre plus rassurant aux investisseurs et aux entreprises. Reste à voir si ces progrès se maintiendront à long terme.