News
  • 17/02/2026

Afrique : 3 pays accaparent 70% de la valeur des fusions-acquisitions réalisées en 2025 (HSF Kramer)


L’Afrique du Sud, l’Égypte et le Kenya ont concentré environ 70 % de la valeur totale des fusions-acquisitions (M&A) enregistrées en Afrique en 2025, selon un rapport publié le 12 février 2026 par le cabinet HSF Kramer. Intitulé « Africa – Holding firm/ M&A activity in the continent is expected to stay strong in 2026 despite ongoing uncertainty », le document précise que la nation arc-en-ciel reste le principal moteur de l’activité des fusions-acquisitions sur le continent, accaparant 35 % de la valeur globale des transactions recensées durant l’année écoulée, devant le Kenya (20 %) et l'Égypte (15 %).

En termes de quantité, c’est l’Égypte qui a été le pays le plus ciblé en 2025, avec plus de 200 transactions recensées, contre un peu moins de 200 pour l'Afrique du Sud. Le Maroc a également connu une progression notable, avec près de 100 transactions enregistrées, soit environ 65 % de plus qu'en 2024.

Le rapport révèle que l’activité continentale des fusions-acquisitions est globalement restée solide. La valeur des opérations entrantes (acquisition d’entreprises africaines par des investisseurs étrangers) a augmenté de plus de 40 % par rapport à 2024. Idem pour celles sortantes (acquisitions d’entreprises étrangères par leurs homologues africaines), dont la valeur a bondi de près de 85 % sur une base annuelle en 2025, malgré une légère baisse du nombre d'opérations.

Les opérations de fusions-acquisitions intra-africaines (transactions entre entreprises basées en Afrique) ont cependant vu leur valeur diminuer, avec moins de méga-opérations enregistrées, même si leur volume est resté relativement stable par rapport à 2024. Les incertitudes géopolitiques mondiales, la hausse des taux d'intérêt et les tensions commerciales ont été les principaux facteurs à l’origine de cette baisse.

Les biens de consommation en tête de liste

En termes d'investissements étrangers, la Suisse était le plus gros acquéreur en valeur en 2025, avec 3,4 milliards USD investis dans 6 transactions, suivie du Japon et son enveloppe de 3 milliards USD répartie en 8 transactions. Le Royaume-Uni occupe la troisième marche du podium, avec 2,7 milliards USD répartis sur 35 transactions. Les États-Unis ont été les plus actifs en termes de nombre de transactions, avec 50 opérations, devant la France dont les entreprises ont réalisé 25 transactions en Afrique pour une valeur cumulée de 300,61 millions USD.

La ventilation sectorielle des fusions-acquisitions montre que le domaine des biens de consommation tient le haut du pavé aussi bien en termes de volume que de valeur des transactions, grâce notamment à des opérations majeures comme l'acquisition de Coca-Cola Beverages Africa (CCBA), principal embouteilleur africain du fabricant américain de boissons The Coca-Cola Company (TCCC), par Coca-Cola Hellenic Bottling Company (HBC) pour 2,6 milliards USD. Ce domaine a enregistré plus de 180 transactions, confirmant sa domination ces dernières années.

Les transactions dans le secteur de l'énergie ont maintenu un niveau d'activité élevé, se classant au 2e rang en termes de valeur. L'acquisition par le négociant suisse Vitol de 30 % des intérêts de la compagnie pétrogazière italienne Eni dans le projet pétrolier Baleine en Côte d’Ivoire pour 1,65 milliard USD, la cession par Tullow de ses actifs kényans à la compagnie émiratie Gulf Energy, et le rachat par Shell Nigeria Exploration and Production Company (SNEPCo) de la participation de 12,5 % de TotalEnergies EP Nigeria (TEPNG) dans le champ nigérian de Bonga, figurent parmi les principales transactions dans le domaine. 

Les services financiers ont également connu une augmentation significative du nombre de transactions en 2025, par rapport à 2024. Au total, 5 fusions-acquisitions entrantes d’une valeur supérieure à 1 milliard USD ont été recensées sur le continent durant l’année écoulée. Pour 2026, HSF Kramer s’attend à ce que l'activité reste forte malgré la persistance des incertitudes géopolitiques mondiales.

Cette perspective s’explique par la confiance des investisseurs dans le marché africain et la perception de l’Afrique comme étant une zone « relativement neutre » pour les exportations des minerais critiques et des produits énergétiques vers les USA, l'Europe et l'Asie, comme en atteste le prêt de 553 millions USD accordé récemment par la Société américaine de financement du développement international (DFC) au consortium chargé du développement du corridor de Lobito.

Avec Agence ecofin