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  • 16/02/2026

AG de la FANAF : FINACTU appelle à une coordination renforcée de l’assurance africaine


Géraldine Mermoux, directrice générale associée de FINACTU, a pris part en tant qu’intervenante à la 50ᵉ Assemblée générale annuelle de la FANAF, organisée du 9 au 11 février 2026 à Abidjan. Cette rencontre d’envergure a offert l’occasion de dresser le bilan des acquis d’un demi-siècle d’existence et d’engager une réflexion approfondie sur les leviers à activer pour assurer un développement durable et effectif du secteur des assurances en Afrique.

Dans un contexte où le secteur des assurances africain demeure encore sous‑développé au regard de son immense potentiel économique et social, FINACTU est intervenu pour partager une conviction forte : le développement de l’assurance en Afrique repose moins sur des réformes isolées que sur la capacité des acteurs à structurer une action collective durable, fondée sur un engagement clair et assumé de chacun.

« Face à une assurance africaine qui peine à se développer, assureurs, État, réassureurs, intermédiaires, assurés, se rejettent la responsabilité. La conviction de FINACTU est que l’assurance ne se développera bien que si tous ces acteurs travaillent de concert, en se coordonnant et en agissant collectivement », a-t-elle souligné.

Un potentiel considérable, encore insuffisamment exploité

Le taux de pénétration de l’assurance en Afrique s’établit en moyenne à 2,4%, contre 7,0% au niveau mondial et jusqu’à 11,7% dans les économies les plus matures. Ce différentiel illustre la réalité d’un continent où l’assurance, pourtant pilier essentiel des économies modernes, demeure encore insuffisamment développée. Ce constat ne traduit cependant pas un retard irréversible, mais révèle au contraire l’ampleur du potentiel de développement du secteur assurantiel africain.

Libérer ce potentiel suppose d’enclencher une nouvelle dynamique sectorielle, fondée sur un renforcement de la coordination entre les acteurs et la mise en place de feuilles de route claires et partagées, mais aussi sur un engagement effectif et mesurable de chaque partie prenante dans la mise en œuvre des réformes nécessaires.

La coordination, condition clé de la transformation

La coordination entre les acteurs constitue une condition fondamentale du développement du secteur des assurances. En effet, FINACTU a insisté sur le fait que l’assurance est, par nature, un secteur d’écosystème, mobilisant autorités publiques, superviseurs, compagnies, intermédiaires, experts, magistrats, forces de l’ordre et assurés. Dans un tel environnement, l’absence de coordination fragilise la confiance et freine durablement le développement du marché.

Géraldine Mermoux a rappelé que sans coordination, le secteur stagne. Avec la coordination, il se transforme. Selon elle c’est une réalité observée partout où l’assurance a changé d’échelle. Et symétriquement, les pays qui ont lancé des « contrats programmes » en associant tous les acteurs ont pu obtenir un véritable décollage du secteur.

Mais la coordination ne saurait suffire sans une discipline collective et une responsabilité pleinement assumée par chaque acteur dans son rôle propre. À cet égard, le rôle des autorités de supervision est central : une supervision forte, cohérente et équitable, exercée avec fermeté lorsque cela est nécessaire, constitue un signal indispensable de crédibilité et de confiance pour les assurés comme pour les investisseurs.

FINACTU a également souligné le rôle central des fédérations et associations professionnelles dans la réussite des réformes structurantes, à travers des exemples concrets en Côte d’Ivoire, au Maroc et en Tunisie, où ces organisations ont agi comme de véritables facilitateurs de coopération. 

Le contrat-programme : un outil structurant au service de l’action collective

S’appuyant sur des expériences concrètes, FINACTU a mis en avant le rôle structurant des contrats‑programmes, qui permettent de matérialiser la coordination, et formaliser les engagements des différentes parties prenantes autour d’objectifs clairs, d’actions prioritaires et d’indicateurs de suivi.

Ces dispositifs engagent l’ensemble des acteurs de l’écosystème à travailler collectivement, condition essentielle d’une transformation durable du secteur des assurances en Afrique.

Pour la directrice générale associée de FINACTU, les prochaines décennies ne seront pas celles de l’assurance isolée, mais celles de l’assurance coordonnée. « La FANAF a un rôle central à jouer comme trait d’union entre les acteurs privés, les autorités publiques et la supervision », a-t-elle déclaré.