Par Jean-Marc Gogbeu
La finance mondiale ne ressemble plus à ce qu’elle
était hier. Elle prend aujourd’hui une forme algorithmique, programmée,
conditionnée. Ce n’est pas une vague hypothétique. C’est une transformation
déjà avancée — et l’Afrique ne peut pas se contenter d’en être spectatrice.
Une révolution qui se mesure
Prenons quelques chiffres concrets :
Ce ne sont pas des projections vagues : ce sont des
signaux de marché concrets.
Conditionnalité algorithmiques : qui écrit
les règles ?
La structuration des capitaux internationaux autour de
standards — ESG, ODD, impact investing — pose la question suivante :
- Qui
définit effectivement ces critères ?
• Des agences de notation à Paris ?
• Des clusters de régulateurs à Londres ou Genève ?
• Des plateformes techniques qui codent des décisions politiques en lignes de
code ?
Si ces grilles sont écrites sans participation
africaine structurée, l’accès au capital pour nos pays se fera selon des
mesures calibrées ailleurs — avec des logiques, des priorités et des risques
qui ne refléteront pas forcément nos priorités sectorielles, nos réalités
agricoles ou nos besoins d’infrastructures.
Monnaies numériques : progrès ou
dépendance ?
La course à la monnaie numérique de banque centrale
(CBDC) est mondiale.
Plus de 80% des banques centrales explorent, pilotent ou envisagent une CBDC
dans les prochaines années.
Mais en Afrique, la traction réelle varie fortement :
La monnaie "programmable" est puissante,
mais ce pouvoir peut devenir une contrainte si la programmation externe
détermine des règles de circulation ou d’usage sans débat démocratique ni cadre
africain de gouvernance.
Quand l’ESG exerce une double contrainte
Aujourd’hui, beaucoup de capitaux internationaux
exigent :
Le point de friction est simple : ces critères sont
majoritairement développés pour des économies industrialisées avec des
pratiques documentées, des normes de haute fréquence et des systèmes de
reporting sophistiqués.
Dans un contexte africain où :
appliquer des standards calibrés ailleurs peut aboutir
à une exclusion systémique plutôt qu’à une inclusion.
L’Afrique à la table des standards
La vraie question n’est plus de savoir si ces normes
s’imposent. Elles s’imposent déjà.
La question stratégique est :
- Pouvons-nous
co-écrire ces normes ?
- Pouvons-nous
définir les critères qui conditionneront l’accès au capital de demain ?
- Pouvons-nous
garantir que l’agriculture, les PME africaines et les priorités
socio-économiques locales sont prises en compte ?
Si la réponse reste “nous subissons”, alors l’Afrique
sera condamnée à s’adapter à des normes conçues ailleurs.
Si la réponse est “nous participons activement à l’élaboration”, alors ce
nouveau cadre devient une opportunité de souveraineté numérique, financière,
technologique et sociale.
Souveraineté numérique : l’enjeu du siècle
Les standards financiers ne sont plus uniquement des
conventions. Ils sont des algorithmes appliqués à la politique :
Dans ce monde, qui maîtrise les algorithmes influence
les flux.
Et aujourd’hui, l’Afrique ne peut plus se permettre
d’être seulement utilisatrice de systèmes conçus hors de ses frontières.
Ce n’est pas de la théorie. C’est une réalité en
construction.
Et ça mérite notre débat, nos stratégies, nos voix — en Afrique et pour
l’Afrique.
Zinia Farnandiz Sep 28, 2024
Absolutely loved this post! Your tips on how to style a blazer are spot on. Keep up the great work, can’t wait for your next post!
Loren Watson Sep 18, 2024
Cover broad of topic in web development industry. Explained a lot of basic programming knowledge with easy to understand explanation.
Walter White Sep 29, 2024
Employees who have the flexibility to work remotely often report higher job satisfaction. This can lead to increased employee retention workforce.