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  • 08/09/2026

Afrique de l’Est : le FIDA et Equity Group mobilisent 200 millions $ pour financer l’adaptation climatique


En Afrique, les petits exploitants agricoles et les entreprises rurales restent confrontés à d’importantes difficultés pour accéder aux financements nécessaires à leur adaptation au changement climatique. Les ressources disponibles parviennent souvent difficilement aux acteurs qui en ont le plus besoin. Afin de combler ce déficit de financement et de distribution, le Fonds international de développement agricole (FIDA) et Equity Group ont lancé le 4 septembre, lors de l’Africa Food Systems Forum 2026 à Kigali, le Mécanisme africain de financement de l’adaptation climatique rurale (Africa Rural Climate Adaptation Finance Mechanism-ARCAFIM).

Doté de 200 millions de dollars, ce mécanisme piloté par le secteur privé vise à améliorer l’accès des petits producteurs et des entreprises rurales d’Afrique de l’Est aux financements dédiés à l’adaptation climatique.

D’une durée de douze ans, le mécanisme s’articule autour de deux composantes : 180 millions de dollars de financements sous forme de prêts et environ 20 millions de dollars consacrés à l’assistance technique. Grâce à la réutilisation du capital de prêt sur environ quatre cycles d’investissement, l’initiative devrait permettre de générer près de 266 millions de dollars de prêts au profit des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et des petits exploitants agricoles des systèmes alimentaires d’Afrique de l’Est. Sur les 180 millions de dollars destinés aux prêts, 90 millions de dollars proviennent directement du bilan d’Equity Group, soit un montant équivalent à la contribution concessionnelle.

ARCAFIM se distingue par l’adoption d’une taxonomie détaillée de l’adaptation au changement climatique. Celle-ci doit permettre de transférer aux institutions financières participantes, aux petits exploitants et aux entreprises agroalimentaires des connaissances sur les investissements d’adaptation viables. Le dispositif se différencie également par le fait qu’une banque commerciale supporte une partie des risques aux côtés des capitaux publics, plutôt que de se limiter à administrer ces fonds.

La composante d’assistance technique fait partie intégrante de l’architecture financière du programme, plutôt que d’être un simple complément. Elle vise à renforcer les capacités des institutions de microfinance et des coopératives d’épargne et de crédit (SACCOs) participantes à octroyer des prêts destinés à l’adaptation climatique.

Elle doit également fournir aux agriculteurs et aux entreprises rurales les connaissances techniques nécessaires pour identifier les investissements capables de les protéger concrètement : irrigation et collecte de l’eau, résilience des filières laitière et d’élevage, stockage après récolte, énergies renouvelables et agro-transformation résiliente au climat.

La protection du crédit est répartie en plusieurs tranches dans l’ensemble du portefeuille : les partenaires financiers internationaux couvrent une première couche de pertes, une tranche mezzanine est partagée avec la banque, tandis que cette dernière assume le risque senior.

Le programme sera déployé au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie et au Rwanda. Il ambitionne de financer environ 260 000 petits producteurs et 500 MPME rurales. Au moins 50% des bénéficiaires ciblés seront des femmes et 30% des jeunes.

L’initiative devrait contribuer à renforcer la sécurité alimentaire d’environ 1,2 million de personnes et bénéficier, directement ou indirectement, à près de 1,5 million de personnes. Elle doit permettre aux communautés rurales et aux entreprises d’investir dans des solutions leur permettant de mieux résister aux effets du changement climatique.

Le critère de réussite du mécanisme est sa pérennité commerciale. ARCAFIM a été conçu pour que les prêts dédiés à la résilience climatique deviennent une activité bancaire ordinaire pour les institutions financières africaines, longtemps après l’épuisement des financements concessionnels.

ARCAFIM est mis en œuvre avec le concours du Fonds vert pour le climat (FVC), du ministère finlandais des Affaires étrangères et du Fonds nordique de développement. Il bénéficie également d’un cofinancement du gouvernement danois et de l’Union européenne.

 

 

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