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  • 08/09/2026

Commerce extérieur : Le Nigéria double son excédent à 9,53 milliards de dollars, mais reste accro au pétrole

Le commerce extérieur nigérian a changé de vitesse au deuxième trimestre 2026. Avec des échanges de marchandises dépassant 31,37 milliards de dollars (41 444,89 milliards de nairas), le pays a enregistré une forte accélération de ses flux commerciaux et surtout un excédent de plus de 9,53 milliards de dollars (12 596,86 milliards de nairas). Derrière cette performance spectaculaire se dessine toutefois une réalité moins flatteuse : le pétrole et ses dérivés représentent encore 86,19% des exportations du géant ouest-africain.

 

Le contraste est saisissant. D'un côté, Abuja peut se réjouir d'une balance commerciale largement excédentaire. De l'autre, la structure de cet excédent rappelle que la diversification des exportations nigérianes reste un chantier loin d'être achevé.

 

Les échanges dépassent 31 milliards de dollars

 

Selon les Foreign Trade in Goods Statistics du National Bureau of Statistics (NBS), le commerce total de marchandises du Nigéria s'est établi à 31,37 milliards de dollars (41 444,89 milliards de nairas) au deuxième trimestre 2026.

 

Le montant est supérieur de 5,61% aux 29,70 milliards de dollars (39 244,42 milliards de nairas) enregistrés un an plus tôt. Surtout, il bondit de 19,13% par rapport aux 26,33 milliards de dollars (34 788,59 milliards de nairas) du premier trimestre 2026.

 

Cette accélération est principalement due aux exportations. Celles-ci ont atteint 20,45 milliards de dollars (27 020,88 milliards de nairas), contre 10,92 milliards de dollars (14 424,01 milliards de nairas) pour les importations.

 

Les exportations représentent ainsi 65,20% de l'ensemble des échanges du trimestre. Elles progressent de 18,77% sur un an et de 27,64% sur trois mois.

 

À l'arrivée, le Nigéria dégage un excédent commercial de 9,53 milliards de dollars (12 596,86 milliards de nairas), en hausse de 101,32% sur un an.

 

Autrement dit, en douze mois, le surplus commercial nigérian a plus que doublé.

 

Le pétrole reste le grand pourvoyeur de devises

 

C'est ici que le tableau devient plus nuancé.

 

Sur les 20,45 milliards de dollars d'exportations (₦27 020,88 milliards), le pétrole brut représente à lui seul 9,77 milliards de dollars (12 914,33 milliards de nairas), soit 47,79%.

 

Les autres produits pétroliers ajoutent 7,85 milliards de dollars (10 376,88 milliards de nairas), correspondant à 38,40% des exportations.

 

Au total, le pétrole brut et les autres produits pétroliers pèsent donc 86,19% des ventes nigérianes à l'étranger.

 

La diversification existe, mais elle reste encore trop limitée pour modifier fondamentalement la structure du commerce extérieur.

 

Les matières premières représentent 1,74 milliard de dollars (2 305,40 milliards de nairas), soit 8,53% des exportations. Les produits agricoles atteignent 608 millions de dollars (802,99 milliards de nairas), tandis que les biens manufacturés ne génèrent que 297 millions de dollars (393,03 milliards de nairas).

 

Les minéraux solides et les biens énergétiques restent, pour leur part, très marginaux, avec respectivement 111 millions de dollars (146,91 milliards de nairas) et 62 millions de dollars (81,35 milliards de nairas).

 

Le message est donc clair : le Nigéria exporte encore massivement des ressources et beaucoup moins de produits à forte valeur ajoutée.

 

Le paradoxe nigérian : exporter du pétrole, mais importer encore des produits pétroliers

 

La structure des importations raconte une histoire presque inverse.

 

Les biens manufacturés dominent largement les achats extérieurs, avec 7,20 milliards de dollars (9 511,36 milliards de nairas), soit 65,94% des importations.

 

Viennent ensuite les matières premières, à 1,35 milliard de dollars (1 790 milliards de nairas), les produits agricoles, à 911 millions de dollars (1 203,76 milliards de nairas), et les autres produits pétroliers, à 814 millions de dollars (1 075,11 milliards de nairas).

 

Le Nigéria a également importé pour 595 millions de dollars de pétrole brut (786,73 milliards de nairas).

 

Au total, le pétrole brut et les autres produits pétroliers représentent donc plus de 1,41 milliard de dollars (1 861,84 milliards de nairas) d'importations.

 

Le paradoxe est difficile à ignorer : un pays qui demeure l'un des principaux producteurs de pétrole du continent continue d'acheter à l'étranger du pétrole brut et des produits pétroliers.

 

La montée en puissance de la raffinerie de Dangote devrait progressivement modifier cette équation en augmentant les capacités de transformation locales. Mais les statistiques du deuxième trimestre montrent que le modèle historique n'a pas encore totalement disparu.

 

La Chine creuse son avance

 

Autre enseignement du rapport : la place désormais incontournable de la Chine dans les échanges nigérians.

 

Avec 4,48 milliards de dollars d'importations (5 916 milliards de dollars) en provenance du pays asiatique, la Chine représente 41,02% des importations nigérianes sur la période.

 

Elle devance très largement les États-Unis, avec 761 millions de dollars (1 005 milliards de nairas), soit 6,97%, ainsi que l'Inde, à 700 millions de dollars (924,46 milliards de nairas).

 

Les Pays-Bas et l'Allemagne complètent les principaux fournisseurs, avec respectivement 310 millions de dollars (409,81 milliards de nairas) et 300 millions de dollars (395,87 milliards de nairas).

 

Cette concentration des approvisionnements illustre également le poids croissant de l'Asie dans l'économie nigériane, alors même que les exportations du pays restent fortement orientées vers les hydrocarbures.

 

Un excédent spectaculaire, mais une diversification encore inachevée

 

Les chiffres du deuxième trimestre 2026 donnent donc deux lectures du commerce extérieur nigérian.

 

La première est franchement positive. Les exportations progressent fortement, les importations restent contenues en glissement annuel et l'excédent commercial dépasse 9,53 milliards de dollars (12 596,86 milliards de nairas). Pour Abuja, cette dynamique contribue à renforcer les entrées de devises et à soutenir la position extérieure du pays.

 

La seconde est plus structurelle.

 

Près de neuf dollars sur dix générés par les exportations proviennent encore du pétrole brut ou de ses dérivés. Dans le même temps, les produits manufacturés dominent les importations.

 

C'est précisément là que se situe le véritable enjeu pour la première économie africaine : passer d'un modèle qui exporte principalement des ressources à un modèle qui exporte davantage de transformation, de technologie et de valeur ajoutée.

 

L'agriculture, les industries manufacturières, la pétrochimie et la transformation des matières premières constituent à ce titre les principaux leviers susceptibles de modifier durablement la structure du commerce extérieur.

 

Le T2 2026 montre que le Nigéria vend beaucoup plus au reste du monde qu'il ne lui achète. Mais il rappelle aussi une vérité que les chiffres ne permettent pas de contourner : tant que le pétrole restera à l'origine de plus de 86% des exportations, l'excédent commercial nigérian demeurera exposé aux soubresauts du marché des hydrocarbures.

 

Source : National Bureau of Statistics (NBS), Foreign Trade in Goods Statistics Report, Q2 2026. Les conversions en dollars sont calculées sur la base de 1 321,37 de nairas pour 1 dollar au 8 septembre 2026.