Le Burundi avance, mais sur un fil. À la sortie de sa mission au titre de l’article IV pour 2026, le Fonds monétaire international confirme une dynamique de stabilisation macroéconomique engagée, tout en rappelant une réalité moins confortable : les équilibres restent fragiles, et la trajectoire dépend encore fortement de quelques leviers extérieurs et de réformes internes inachevées.
Dans un pays où
l’économie a longtemps été marquée par les déséquilibres budgétaires, les
tensions de change et une inflation volatile, les signaux récents traduisent un
mieux relatif. Mais pas encore une transformation structurelle.
Conduite par Alexandre
Chailloux, la délégation du Fonds monétaire international a séjourné à
Bujumbura du 27 avril au 8 mai 2026. Objectif : évaluer l’état réel de
l’économie, au-delà des indicateurs agrégés, et mesurer la cohérence des
réformes engagées avec la stratégie de stabilisation annoncée.
Une embellie
portée par les matières premières, pas encore par la transformation productive
Sur le papier, 2025
marque une amélioration nette. La croissance du PIB réel est estimée à 4,2%,
tirée principalement par les exportations d’or et de café. Le saut des volumes
d’or exportés — de 400 kg en 2024 à 1,2 tonne en 2025 — combiné à la hausse des
cours internationaux, a mécaniquement renforcé les recettes en devises.
Ce moteur externe a
permis un léger répit sur le marché des changes et une réduction des tensions
de liquidité en devises. Mais la mécanique reste connue : une économie portée
par les matières premières reste exposée à leur volatilité.
La persistance d’un
écart de change parallèle autour de 100% fin avril 2026 agit d’ailleurs comme
un rappel brutal : la convergence monétaire est encore loin d’être acquise.
Ajustement
budgétaire : des progrès réels, mais encore incomplets
Sur le plan budgétaire,
le FMI salue un effort de consolidation qualifié d’ambitieux. Le déficit public
reculerait à 3,4% du PIB en 2025/26, contre 5,5% un an plus tôt. La discipline
budgétaire, notamment via la limitation du financement monétaire, a contribué à
desserrer la pression inflationniste.
L’inflation illustre
justement le changement de régime en cours : de 45,5% en avril 2025 à 10,8% en
mars 2026. Une désinflation rapide, qui traduit autant un resserrement des
politiques économiques qu’un effet de stabilisation externe.
Mais derrière ce
rééquilibrage, un point demeure central : la soutenabilité budgétaire dépend
encore fortement de la capacité à élargir l’assiette fiscale, dans une économie
où les exonérations et les faiblesses administratives pèsent lourdement sur les
recettes.
Une économie
encore contrainte par ses déséquilibres externes
Le diagnostic du FMI
reste constant sur un point : le Burundi demeure structurellement vulnérable à
ses comptes extérieurs. La dépendance à quelques produits — principalement l’or
et le café — limite la résilience du modèle.
Même si les réserves de
change devraient progresser graduellement, elles restent insuffisantes pour
absorber un choc externe significatif. Autrement dit, la stabilisation actuelle
repose encore sur un équilibre étroit, sensible aux prix internationaux.
Le change,
nœud dur de la stabilisation macroéconomique
Au cœur des
recommandations figure un sujet sensible : le régime de change. Le système
actuel à double taux continue de générer des distorsions importantes, freinant
la lisibilité des prix, l’investissement et la circulation des devises.
Pour le FMI, une réforme
progressive mais crédible est désormais incontournable. Pas une libéralisation
brutale, mais une trajectoire balisée permettant de converger vers un marché
plus unifié. L’enjeu est double : restaurer la confiance et fluidifier les
échanges extérieurs.
Politique
monétaire : consolider les gains sans relâcher la pression
La désinflation récente
ne suffit pas à desserrer complètement les contraintes. La Banque centrale est
appelée à maintenir une posture restrictive, avec des taux réels positifs et
une gestion plus active des liquidités.
Dans un contexte où le
système bancaire reste fortement exposé à la dette publique et où le crédit au
secteur privé demeure limité, la politique monétaire joue un rôle d’équilibrage
délicat entre stabilité et croissance.
Banques et
secteur financier : stabilité fragile sous pression souveraine
Le secteur bancaire
burundais reste globalement stable, mais dans une zone de tension structurelle.
La forte exposition aux titres publics, combinée à des marges de manœuvre
limitées pour financer l’économie réelle, crée une forme de dépendance croisée
entre État et banques.
Le FMI insiste donc sur
le renforcement de la supervision, des tests de résistance et de la qualité des
actifs. Une manière de prévenir les risques systémiques avant qu’ils ne
deviennent visibles.
Au-delà des
chiffres, la question centrale : la transformation économique
C’est probablement ici
que se joue le véritable enjeu. Les performances récentes ne disent pas encore
si le Burundi est engagé dans une transformation durable ou dans une simple
phase de rebond cyclique.
Les secteurs
stratégiques identifiés — café, énergie, or — montrent un potentiel réel, mais
encore insuffisamment structuré.
Dans le café, la montée
en gamme et la traçabilité progressent. Dans l’énergie, les contraintes de
réseau freinent encore la productivité. Dans l’or, la formalisation reste la
clé pour transformer une rente en levier fiscal et macroéconomique.
Une
stabilisation réelle, mais encore sous surveillance
Le message du FMI est
nuancé, presque chirurgical. Oui, la stabilisation progresse. Oui, les
indicateurs s’améliorent. Mais non, le modèle économique n’a pas encore changé
de nature.
Le Burundi n’est plus
dans une phase de déséquilibre aigu, mais pas encore dans une zone de confort
macroéconomique. L’économie avance, mais sous contrainte : celle de réformes
encore incomplètes, d’un système de change à corriger et d’une dépendance persistante
aux matières premières.
En clair, la
stabilisation est engagée. La transformation, elle, reste à construire.
Zinia Farnandiz Sep 28, 2024
Absolutely loved this post! Your tips on how to style a blazer are spot on. Keep up the great work, can’t wait for your next post!
Loren Watson Sep 18, 2024
Cover broad of topic in web development industry. Explained a lot of basic programming knowledge with easy to understand explanation.
Walter White Sep 29, 2024
Employees who have the flexibility to work remotely often report higher job satisfaction. This can lead to increased employee retention workforce.