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  • 22/07/2026

Coupe du monde 2026 : Pourquoi le fisc américain veut sa part des 51 millions de dollars remportés par l'Espagne

Sacrée championne du monde 2026, l'Espagne repart avec un chèque record de 51 millions de dollars versé par la FIFA. Mais une partie de cette somme pourrait ne jamais parvenir intégralement à la Fédération espagnole de football. En cause : la fiscalité américaine, qui s'applique aux revenus générés sur son territoire et pourrait prélever une fraction des primes distribuées lors du tournoi.

 

La question dépasse largement le cas de l'Espagne. Elle met en lumière un aspect souvent méconnu des grandes compétitions sportives : leur dimension fiscale. Organisée principalement aux États-Unis, avec 78 des 104 rencontres disputées sur le sol américain, la Coupe du monde 2026 place les primes, rémunérations et autres revenus liés au tournoi dans le champ d'application de l'Internal Revenue Service (IRS), l'administration fiscale des États-Unis.

 

Contrairement à certaines affirmations relayées sur les réseaux sociaux, Washington ne prélèvera pas automatiquement près de la moitié des 51 millions de dollars remportés par l'Espagne. En réalité, le traitement fiscal est plus complexe. Les revenus doivent être répartis entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, les trois pays hôtes, selon le lieu où les matchs ont été disputés. Les conventions fiscales internationales, notamment celle liant les États-Unis et l'Espagne, permettent par ailleurs d'atténuer les risques de double imposition.

 

Au-delà de la prime de la FIFA, ce sont également les rémunérations des joueurs, des entraîneurs, des membres du staff, des arbitres et parfois même les revenus commerciaux liés à la compétition qui peuvent être concernés par les règles fiscales américaines. Des experts estiment que la charge fiscale globale peut être significative, en fonction de la nature des revenus et de la situation fiscale des bénéficiaires, sans pour autant représenter mécaniquement près de 50% de la prime versée au champion du monde.

 

Cette situation contraste avec celle de précédentes éditions du Mondial. Le Brésil en 2014, la Russie en 2018 et le Qatar en 2022 avaient accordé à la FIFA et à plusieurs acteurs du tournoi des régimes fiscaux particulièrement avantageux, voire des exonérations. Les États-Unis ont adopté une approche différente, illustrant leur volonté d'appliquer leur législation fiscale aux revenus générés sur leur territoire.

 

Au total, la FIFA distribuera 871 millions de dollars de primes aux 48 sélections participantes, un niveau inédit qui confirme l'ampleur économique de la compétition. Pour les administrations fiscales comme pour les fédérations, la gestion de ces flux financiers devient désormais un enjeu stratégique, mobilisant fiscalistes, juristes et spécialistes de la mobilité internationale.

 

Au-delà du spectacle sportif, la Coupe du monde 2026 illustre ainsi une réalité de plus en plus prégnante : les grands événements internationaux sont aussi des espaces où se jouent des arbitrages fiscaux majeurs. Pour les États hôtes, l'organisation d'une compétition mondiale ne se limite plus aux retombées touristiques et économiques ; elle ouvre également la voie à de nouvelles recettes fiscales, faisant de la fiscalité un acteur à part entière du business du sport.