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  • 23/10/2026

Cybercriminalité : INTERPOL annonce 1 462 arrestations dans 21 pays, dont la Côte d’Ivoire et le Nigéria

INTERPOL a annoncé, le 22 octobre 2026, l’arrestation de 1 462 suspects et la perturbation de 10 909 réseaux malveillants dans le cadre de l’opération Serengeti III. Menée entre juin et août dans 21 pays, dont la Côte d’Ivoire, cette offensive a permis de récupérer plus de 105 millions de dollars de fonds illicites.

 

Les réseaux de cybercriminalité continuent de prospérer en exploitant les frontières, les outils numériques et les failles des systèmes de sécurité. Pour y répondre, INTERPOL a coordonné, du 29 juin au 31 août 2026, l’opération Serengeti III, mobilisant les forces de l’ordre de 21 pays, dont 20 pays africains et les États-Unis.

 

Selon le bilan publié par l’organisation policière internationale, les enquêtes ont permis d’identifier 65 929 victimes ciblées par des cybercriminels. Les pertes financières associées aux activités criminelles dépassent 385 millions de dollars, tandis que plus de 105 millions de dollars de fonds illicites ont été récupérés.

 

L’opération a ciblé plusieurs formes de criminalité numérique, notamment les escroqueries en ligne, les rançongiciels, l’hameçonnage, les fraudes par courrier électronique visant les entreprises et l’extorsion numérique.

 

Au-delà des arrestations, la perturbation de 10 909 réseaux malveillants constitue l’un des principaux résultats de cette campagne. Elle vise les infrastructures techniques utilisées pour organiser les attaques, collecter des données ou faciliter les transactions frauduleuses.

 

Des réseaux de fraude démantelés en Ouganda et en Angola

 

Les opérations menées en Ouganda illustrent l’ampleur des dispositifs criminels ciblés. Les autorités ont démantelé deux réseaux transnationaux de fraude et arrêté 365 ressortissants étrangers soupçonnés d’être impliqués dans des escroqueries liées à de faux investissements et à des placements présentés comme des produits de retraite.

 

Les enquêteurs ont découvert un système reposant sur des centres d’appels, des discours préparés à l’avance, de fausses plateformes de trading et des sites internet frauduleux. Les victimes étaient notamment des retraités en Asie, incités à investir dans des opportunités inexistantes.

 

En Angola, les autorités ont démantelé deux centres illégaux de minage de cryptomonnaies. Neuf suspects ont été arrêtés et plus de 2 000 équipements de minage saisis, ainsi que six postes de transformation électrique illégaux. La valeur de ces derniers dépasse à elle seule un million de dollars, selon INTERPOL.

 

Ces opérations montrent que la cybercriminalité ne se limite pas aux attaques informatiques à distance. Elle peut également s’appuyer sur des installations physiques, des équipements énergivores et des infrastructures organisées pour générer des revenus illicites.

 

Le Nigéria également visé par les enquêtes

 

Au Nigéria, une enquête a conduit à l’arrestation d’un suspect lié à une opération d’hameçonnage et de compromission de messagerie professionnelle. Le dispositif aurait permis de collecter des identifiants logiciels et environ 2,1 millions d’adresses électroniques.

 

Une autre affaire concerne une escroquerie internationale à l’investissement promue par des applications de messagerie. Les investigations ont permis de retracer plus de 2,4 millions de dollars de produits présumés d’activités criminelles, dont une part importante aurait transité par des opérations de blanchiment utilisant des cryptomonnaies.

 

D’autres interventions ont notamment visé des applications de prêts mobiles malveillantes en Tanzanie, un réseau de fraude à l’importation de véhicules au Gabon et une opération de cybercriminalité ayant conduit à l’arrestation de 30 suspects en République du Congo.

 

La diversité de ces affaires souligne les liens entre fraude numérique, usurpation d’identité, détournement de données et blanchiment de capitaux. Pour les banques, les entreprises et les utilisateurs de services financiers numériques, ces pratiques représentent un risque qui dépasse largement le seul vol de données.

 

La coopération internationale au cœur du dispositif

 

Pour INTERPOL, la lutte contre ces réseaux suppose de dépasser les limites des enquêtes nationales. Avant le lancement de l’opération, des enquêteurs de 20 pays africains et des États-Unis avaient reçu des renseignements exploitables portant notamment sur des noms de domaine suspects, des adresses IP et des infrastructures de commande et de contrôle utilisées par les cybercriminels.

 

Des partenaires privés spécialisés dans la cybersécurité ont également contribué aux investigations, en apportant des renseignements techniques et leur expertise dans l’identification des infrastructures malveillantes.

 

« Les réseaux de cybercriminalité opèrent sans tenir compte des frontières, exploitant la technologie pour cibler des victimes à une échelle sans précédent », a déclaré Neal Jetton, directeur de la cybercriminalité d’INTERPOL.

 

L’opération Serengeti III s'inscrit dans la continuité des précédentes éditions de cette initiative internationale. Son financement a notamment bénéficié du programme Global Action on Cybercrime Enhanced (GLACY-e), une initiative conjointe de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe.

 

Pour les économies africaines, où les paiements numériques et les services financiers dématérialisés prennent une place croissante, l'enjeu est double : sanctionner les auteurs d'infractions et renforcer la capacité des institutions à détecter les fraudes, protéger les données et sécuriser les transactions.

 

Les résultats annoncés par INTERPOL témoignent de l'ampleur des moyens mobilisés. Ils rappellent aussi qu'une arrestation ou la perturbation d'un réseau ne suffit pas, à elle seule, à mesurer durablement le recul de la cybercriminalité. La protection des utilisateurs dépendra également de la capacité des autorités, des banques, des opérateurs télécoms et des entreprises technologiques à maintenir leur coopération au-delà des opérations ponctuelles.