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  • 06/01/2026

De Coris Invest Group à Excellis Invest Group : La mue stratégique d’une holding africaine

Il y a des changements de nom qui relèvent du cosmétique. Et puis il y a ceux qui traduisent une bascule stratégique. Le passage de Coris Invest Group à Excellis Invest Group (EIG) SA, officialisé le mardi 6 janvier 2026, appartient clairement à la seconde catégorie.

 

Derrière cette nouvelle identité, c’est moins une rupture qu’un changement de stature qui se joue.

 

Une holding arrivée à maturité

 

Pendant des années, la marque Coris a porté une histoire. Celle d’un entrepreneur, d’un groupe en construction, d’une dynamique régionale enracinée. Mais à mesure que la holding s’est diversifiée, structurée et institutionnalisée, cette identité historique a commencé à montrer ses limites.

 

Coris Invest Group n’est plus seulement un prolongement entrepreneurial. C’est désormais une plateforme d’investissement multisectorielle, active dans les assurances, la finance, l’énergie, la distribution, le BTP, l’hôtellerie, l’agro-industrie, les technologies et la logistique. Autrement dit, un périmètre qui dépasse largement l’ADN initial.

 

À ce stade, continuer sous la même dénomination revenait à porter un costume devenu trop étroit.

 

Excellis : un choix de branding… mais surtout de positionnement

 

Le nom Excellis n’a rien d’anodin. Il renvoie explicitement à l’excellence, à la performance, à l’exigence. Oui, c’est du branding. Mais c’est du branding stratégique.

 

Ce changement de nom envoie un message clair : la holding ne se définit plus par son origine, mais par son niveau d’ambition. Elle cherche à parler un langage plus universel, plus lisible pour des investisseurs, partenaires et contreparties qui raisonnent en standards, en gouvernance et en création de valeur.

 

Moins d’affect. Plus de lisibilité.

 

Clarifier la gouvernance, préparer la suite

 

Autre signal fort : la volonté affichée de renforcer la supervision des filiales et d’élever les standards d’intervention. Ce type de discours apparaît rarement par hasard. Il correspond généralement à une phase où les groupes se préparent à des opérations plus visibles.

 

Acquisitions ciblées. Partenariats structurants. Levées de fonds. Ou simplement montée en puissance dans la gestion de portefeuilles complexes.

 

Dans un environnement financier africain de plus en plus concurrentiel, la bataille ne se joue plus uniquement sur l’accès aux opportunités, mais sur la capacité à les structurer, les piloter et les rendre crédibles aux yeux des marchés.

 

Ce que le changement ne dit pas… mais confirme

 

Excellis Invest Group insiste sur la continuité. Les actionnaires restent les mêmes. La vision long terme ne bouge pas. Les métiers cœur sont conservés.

 

Et c’est précisément ce qui rend le mouvement intéressant.

 

On n’efface pas l’histoire. On la reconditionne. On passe d’un récit fondateur à une trajectoire stratégique. D’une logique d’entrepreneur à une logique d’institution d’investissement.

 

Barka Energies, symbole d’un nouveau standing

 

L’intégration de Barka Energies, ex-TotalEnergies Marketing Burkina, illustre parfaitement cette montée en gamme. Reprendre un actif issu d’un grand groupe international, l’opérer et l’intégrer durablement dans un portefeuille africain structuré n’est pas anodin. C’est un marqueur de crédibilité.

 

Ce type d’opération exige des standards de gouvernance, de reporting et de pilotage qui dépassent largement la logique opportuniste.

 

En filigrane, une tendance régionale

 

Au fond, Excellis Invest Group n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une tendance plus large observée en Afrique de l’Ouest : celle de groupes arrivés à un point où la croissance ne se mesure plus uniquement en taille, mais en qualité institutionnelle.

 

Le changement de nom n’est donc ni un gadget, ni une opération défensive. C’est un signal de passage à l’âge adulte.

 

En résumé

 

-      Excellis Invest Group, c’est Coris qui passe du sur-mesure local au costume taillé pour les marchés régionaux et internationaux.

-      Moins de récit fondateur, plus de trajectoire stratégique.

-      Moins d’émotion, plus de gouvernance.

 

Et dans l’économie africaine de demain, ce sont précisément ces groupes-là qui feront la différence.