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  • 02/11/2026

Énergie : Afreximbank et l’APPO créent une banque africaine dotée de 5 milliards de dollars de capital

La Banque Africaine de l’Énergie (AEB) a été officiellement créée le 31 octobre 2026 à Abuja, au Nigéria, à l’initiative d’Afreximbank et de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO). Dotée d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars, cette nouvelle institution panafricaine entend financer les projets énergétiques du continent, notamment dans les hydrocarbures, alors que les besoins d’investissement sont estimés à 200 milliards de dollars.

 

L’Afrique dispose désormais d’une institution financière dédiée au financement de son secteur énergétique. Afreximbank et l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) ont officiellement annoncé la création de la Banque Africaine de l’Énergie (AEB), à l’occasion de sa première assemblée générale tenue le 31 octobre à Abuja, au Nigéria.

 

Cette mise en place intervient dans un contexte marqué par les difficultés croissantes rencontrées par les pays africains pour mobiliser des financements en faveur de leurs projets pétroliers et gaziers. Plusieurs bailleurs internationaux réduisent en effet leur exposition aux énergies fossiles, alors que le pétrole et le gaz continuent de jouer un rôle important dans les systèmes énergétiques du continent.

 

Selon les promoteurs de l'institution, les besoins d'investissement énergétique de l'Afrique sont estimés à 200 milliards de dollars. L'AEB entend contribuer à combler une partie de ce déficit grâce à un capital autorisé de 5 milliards de dollars. Elle devra également mobiliser des ressources auprès des gouvernements, des compagnies pétrolières nationales, des institutions financières et des investisseurs privés.

 

Du financement de l'exploration au raffinage

 

Le mandat de la nouvelle banque couvre plusieurs segments de la chaîne de valeur énergétique. Ses interventions pourront notamment concerner l'exploration et la production de pétrole et de gaz, le transport, la transformation, le raffinage ainsi que la distribution des produits énergétiques.

 

Au-delà du financement des projets, l'institution affiche plusieurs objectifs économiques : renforcer les capacités de production africaines, réduire la dépendance du continent aux importations de produits pétroliers et développer les échanges intra-africains de produits énergétiques.

 

La création de l'AEB traduit ainsi la volonté des pays producteurs de disposer de leurs propres mécanismes de financement pour accompagner le développement de leurs ressources énergétiques. Elle s'inscrit également dans le débat sur les conditions d'une transition énergétique adaptée aux réalités économiques des pays africains.

 

Helmy Ghazi nommé premier président

 

La première assemblée générale a également permis de désigner Helmy Ghazi comme premier président de la Banque Africaine de l'Énergie et de constituer son premier conseil d'administration. Celui-ci réunira des représentants des secteurs public et privé ainsi que des institutions africaines impliquées dans l'élaboration des politiques publiques.

 

La Côte d'Ivoire était notamment représentée à cette rencontre par Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie. Sa présence souligne l'implication des pays producteurs africains dans cette initiative portée conjointement par Afreximbank et l'APPO.

 

Reste désormais à transformer cette architecture institutionnelle en financements effectivement mobilisés. Car si les 5 milliards de dollars de capital autorisé donnent une dimension financière à la nouvelle banque, sa capacité réelle à soutenir les projets dépendra des ressources effectivement constituées et de sa capacité à attirer d'autres investisseurs.

 

L'enjeu est considérable : permettre aux acteurs africains de financer davantage leurs infrastructures énergétiques et de conserver une part plus importante de la valeur créée par l'exploitation et la transformation de leurs ressources naturelles.