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  • 02/11/2026

Côte d’Ivoire : Abidjan dément les révélations de Jeune Afrique sur un réseau de corruption au PPEF et explique la présence du FBI

Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme conteste fermement les informations publiées le 30 octobre 2026 par Jeune Afrique sur un présumé réseau de corruption et d’extorsion de fonds au sein du Pôle pénal économique et financier (PPEF). Dans un communiqué publié samedi 31 octobre, le Garde des Sceaux, Jean Sansan Kambilé, affirme que la présence d’agents du FBI dans cette juridiction relève d’une coopération judiciaire avec les États-Unis, et non d’une enquête visant ses membres.

 

La réaction du gouvernement ivoirien n’aura pas tardé. Au lendemain de la publication de l’article de Jeune Afrique intitulé « Côte d’Ivoire : au pôle pénal économique et financier, coulisses d’un vaste coup de filet », le ministère de la Justice est monté au créneau pour contester les informations du magazine.

 

L’hebdomadaire faisait état d’une enquête menée par la Gendarmerie nationale, à partir d’informations communiquées par le Federal Bureau of Investigation (FBI), sur un réseau présumé de corruption et d’extorsion gravitant autour du PPEF. Les révélations évoquaient notamment l’interpellation d’un intermédiaire, des soupçons de trafic d’influence et l’identification de trois comptes bancaires à l’étranger, notamment à Dubaï, Genève et à l’île Maurice.

 

Dans son communiqué, le Garde des Sceaux réfute catégoriquement ces affirmations, qu’il estime dépourvues de fondement. Il précise qu’aucun service américain n’a saisi l’État de Côte d’Ivoire d’une telle affaire et qu’aucune enquête de la Gendarmerie nationale, dans les conditions décrites par Jeune Afrique, n’est en cours au sein du PPEF.

 

Une coopération judiciaire avec le FBI sur la sextorsion

 

Le ministre apporte toutefois une explication à la présence des agents américains au sein de cette juridiction. Selon lui, celle-ci s’inscrit dans le cadre d’une coopération entre les autorités judiciaires ivoiriennes et américaines, qui a conduit à la création d’une Task force associant le PPEF, ses enquêteurs, des procureurs américains et des agents du FBI.

 

Cette équipe conjointe intervient notamment dans la lutte contre la sextorsion et le blanchiment de capitaux. Le ministère indique que ses actions ont permis de résoudre plusieurs affaires de sextorsion impliquant des victimes américaines, dont certaines se sont suicidées à la suite des faits.

 

Dans le cadre de ces procédures, plusieurs personnes mises en cause ont été interpellées, jugées et condamnées à de lourdes peines d’emprisonnement, précise le communiqué. Les procureurs américains et les agents du FBI ont également effectué plusieurs visites au PPEF et rencontré à plusieurs reprises les hautes autorités judiciaires ivoiriennes.

 

Le ministère affirme par ailleurs que les autorités américaines ont félicité le PPEF à la suite de l’arrestation et de la condamnation de cybercriminels.

 

Le bilan du PPEF mis en avant après le retrait de la liste grise

 

En conclusion, Jean Sansan Kambilé salue l’engagement des responsables et des acteurs du PPEF dans la lutte contre la criminalité financière. Il souligne notamment leur contribution au retrait de la Côte d’Ivoire de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), annoncé le 30 octobre 2026.

 

Si le ministère rejette globalement les accusations publiées par Jeune Afrique, son communiqué ne détaille pas séparément certains éléments évoqués par le magazine, notamment l’interpellation rapportée et les trois comptes bancaires présumés à l’étranger. Ces éléments demeurent donc, à ce stade, des informations attribuées à l’hebdomadaire et non des faits judiciairement établis.

 

La suite de cette affaire dépendra notamment des éventuelles précisions des autorités judiciaires et de la réponse de Jeune Afrique à ce démenti.