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  • 30/10/2026

GAFI : La Côte d’Ivoire et la RDC sortent de la liste grise, un signal positif pour leur crédibilité financière

La Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo (RDC) ne figurent plus sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Annoncée le 30 octobre 2026, cette décision marque l’aboutissement de plusieurs années de réformes destinées à renforcer les dispositifs nationaux de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Pour les deux économies africaines, ce retrait constitue un signal positif auprès des banques internationales, des investisseurs et des partenaires financiers.

 

La décision a été prise à l'issue de la réunion plénière du GAFI, tenue du 28 au 30 octobre à Paris. Dans son communiqué du 30 octobre, l'organisation a annoncé le retrait de quatre juridictions de la liste des pays soumis à une surveillance renforcée : la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo, la Bulgarie et Monaco. Cette décision fait suite à des missions d'évaluation sur place qui ont permis de constater les progrès réalisés dans l'application des plans d'action nationaux.

 

Pour les deux pays africains, cette sortie marque l'aboutissement de trajectoires distinctes. La Côte d'Ivoire avait rejoint la liste grise le 25 octobre 2024, tandis que la RDC y avait été inscrite en octobre 2022. Abidjan aura ainsi passé environ deux ans sous surveillance renforcée, contre quatre ans pour Kinshasa.

 

En Côte d'Ivoire, six axes de réforme ont été déterminants

 

Pour sortir de cette liste, les autorités ivoiriennes ont notamment travaillé sur six axes identifiés dans leur plan d'action. Le GAFI relève le renforcement de la coopération internationale dans les enquêtes et les poursuites liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, ainsi que l'amélioration de la supervision des institutions financières et des entreprises et professions non financières désignées (EPNFD).

 

Les réformes ont également porté sur la vérification des informations relatives aux entreprises et à leurs bénéficiaires effectifs, c'est-à-dire les personnes physiques qui en détiennent ou en contrôlent réellement la propriété. Le pays a par ailleurs renforcé l'utilisation du renseignement financier par les services chargés de l'application de la loi, les capacités de sa cellule de renseignement financier et son dispositif de sanctions financières ciblées.

 

Ces avancées ont conduit le GAFI à saluer les progrès significatifs accomplis par le pays. La Côte d'Ivoire devra néanmoins poursuivre sa collaboration avec le Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (GIABA) pour maintenir les améliorations obtenues.

 

En RDC, quatre années de réformes pour corriger les insuffisances

 

En République démocratique du Congo, le chantier était plus ancien. Depuis son inscription en octobre 2022, Kinshasa devait remédier à plusieurs insuffisances stratégiques de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

 

Le GAFI relève notamment l'achèvement de l'évaluation nationale des risques et l'adoption d'une stratégie nationale de lutte contre ces phénomènes. Les autorités congolaises ont également renforcé la supervision des entreprises et professions non financières, doté la cellule de renseignement financier de ressources supplémentaires et amélioré les capacités des services d'enquête et de poursuite.

 

Le pays a aussi démontré la mise en œuvre effective des sanctions financières ciblées liées au financement du terrorisme et à la prolifération. Ces avancées ont permis de répondre aux engagements pris dans le cadre du plan d'action suivi par le GAFI.

 

Réagissant à cette décision sur son compte X, le ministre congolais des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a salué une étape importante pour la crédibilité du pays. Il a notamment rendu hommage au président Félix Tshisekedi et à la Première ministre Judith Suminwa pour leur implication dans la conduite des réformes, tout en soulignant la contribution des administrations financières, des autorités judiciaires et de la Banque centrale du Congo.

 

Un signal pour les relations financières internationales

 

Au-delà de la reconnaissance institutionnelle, cette décision présente un intérêt particulier pour les systèmes financiers des deux pays. La liste grise du GAFI concerne les juridictions qui se sont engagées à corriger des défaillances stratégiques de leurs dispositifs de lutte contre les flux financiers illicites. Leur inscription peut peser sur la perception du risque par les partenaires financiers étrangers et conduire certains établissements à renforcer leurs contrôles sur les opérations concernées.

 

Le retrait de la Côte d'Ivoire et de la RDC peut donc contribuer à améliorer la confiance des banques correspondantes, des investisseurs et des partenaires internationaux dans leurs dispositifs de conformité. Il constitue également un argument supplémentaire pour les deux pays dans leurs efforts de mobilisation des financements extérieurs et d'intégration aux circuits financiers internationaux.

 

Il serait toutefois prématuré d'en déduire une baisse automatique des coûts des transactions, une reprise immédiate des relations avec toutes les banques correspondantes ou une hausse mécanique des investissements. Le GAFI précise que ses normes privilégient une approche fondée sur les risques et n'encouragent pas l'exclusion systématique de catégories de clients ou de juridictions.

 

Surtout, la sortie de la liste grise ne signifie pas la fin des obligations de conformité. Le GAFI attend des deux pays qu'ils poursuivent leur collaboration avec les organismes régionaux compétents, le GIABA pour la Côte d'Ivoire et le Groupe d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique centrale (GABAC), ainsi que le Groupe anti-blanchiment d'Afrique orientale et australe (GABAOA) pour la RDC, afin de pérenniser les réformes.

 

Pour Abidjan comme pour Kinshasa, l'enjeu est désormais de transformer cette reconnaissance internationale en amélioration durable de la transparence financière, de la confiance bancaire et de l'attractivité économique.