Le géant minier français Eramet et sa filiale gabonaise Comilog veulent franchir une nouvelle étape dans leur présence au Gabon. Un protocole d’accord signé avec Libreville prévoit une montée en puissance du traitement local du manganèse, avec un objectif de 700 000 tonnes par an d’ici fin 2031 et la création annoncée de 3 000 emplois industriels.
Pendant longtemps, le Gabon a été reconnu comme une
grande puissance minière, mais avec un modèle principalement fondé sur
l’extraction et l’exportation de ressources brutes. Avec le nouvel accord
conclu entre le gouvernement gabonais, Eramet et sa filiale Compagnie minière
de l’Ogooué (Comilog), le pays veut accélérer son changement de cap : produire
davantage de valeur directement sur son territoire.
Signé le 20 juillet 2026, ce protocole d’accord doit
établir une feuille de route pour augmenter progressivement les capacités de
transformation du manganèse au Gabon. L’objectif fixé est ambitieux : parvenir
à traiter jusqu’à 700 000 tonnes de minerai par an à l’horizon 2031.
« Cet accord vise à accroître la part de minerai de
manganèse traité par Eramet Comilog dans le pays », a indiqué le groupe dans un
communiqué.
De l’extraction à l’industrie
Le manganèse constitue l’une des principales richesses
minières du Gabon. Le pays figure parmi les producteurs majeurs au niveau
mondial, notamment grâce aux gisements exploités autour de Moanda, dans le
Haut-Ogooué.
Mais comme plusieurs pays africains riches en
ressources naturelles, Libreville cherche désormais à dépasser le modèle de
simple fournisseur de matières premières. L’ambition est de développer une
industrie locale capable de capter une plus grande part de la valeur générée
par ses ressources.
Cette orientation s’inscrit dans une volonté plus
large des autorités gabonaises d’imposer davantage de transformation locale des
minerais. Pour les États africains producteurs, l’enjeu est désormais clair :
les ressources minières doivent davantage financer l’emploi, les compétences et
l’industrialisation nationale.
Un pari industriel conditionné par
l’énergie
La transformation du manganèse nécessite toutefois des
infrastructures adaptées, notamment une énergie abondante et compétitive. C’est
l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les pays africains qui
souhaitent développer une industrie minière locale.
Transformer un minerai sur place ne consiste pas
seulement à construire une usine. Il faut également sécuriser
l’approvisionnement énergétique, développer les compétences techniques et
renforcer les infrastructures logistiques.
Pour Eramet, cet accord permet de préparer l’avenir de
ses opérations gabonaises tout en répondant aux nouvelles exigences du
gouvernement en matière de création de valeur locale.
« Made in Gabon » : créer un écosystème
autour de la mine
Au-delà du manganèse, l’accord prévoit également le
lancement d’un fonds d’amorçage baptisé « Made in Gabon ». L’objectif affiché
est de favoriser l’émergence d’activités industrielles locales et de contribuer
à la création de 3 000 emplois.
Cette initiative vise à développer un réseau
d’entreprises autour de la chaîne minière : sous-traitance, maintenance,
services industriels ou encore production de biens destinés aux activités
extractives.
Pour le Gabon, l’enjeu est de transformer la présence
d’un grand groupe minier en véritable moteur économique local.
Le biochar, nouvelle brique
environnementale
L’accord comprend également un volet consacré au
développement d’une filière de production de biochar au Gabon. Ce matériau issu
de la biomasse est présenté comme une solution pouvant contribuer à réduire
l’empreinte carbone de certaines activités industrielles.
Ce choix traduit l’évolution du secteur minier
mondial, où les entreprises doivent désormais intégrer davantage les
contraintes environnementales dans leurs stratégies.
Un test pour le nouveau modèle minier
africain
Le partenariat entre Eramet et le Gabon dépasse donc
la seule question du manganèse. Il illustre une tendance qui gagne plusieurs
pays africains : utiliser les ressources naturelles comme point de départ d’une
véritable politique industrielle.
Le défi sera désormais de transformer les annonces en
réalisations concrètes : capacités industrielles opérationnelles, emplois
durables et développement d’un tissu d’entreprises locales.
Pour le Gabon, la réussite de ce projet pourrait
constituer une étape importante vers un modèle économique où la richesse
minière ne quitte plus seulement le pays sous forme de minerai, mais contribue
davantage à construire une base industrielle nationale.
Zinia Farnandiz Sep 28, 2024
Absolutely loved this post! Your tips on how to style a blazer are spot on. Keep up the great work, can’t wait for your next post!
Loren Watson Sep 18, 2024
Cover broad of topic in web development industry. Explained a lot of basic programming knowledge with easy to understand explanation.
Walter White Sep 29, 2024
Employees who have the flexibility to work remotely often report higher job satisfaction. This can lead to increased employee retention workforce.