News
  • 21/07/2026

Gabon : Proparco et la SFI injectent 312 millions d’euros pour transformer le Transgabonais en colonne vertébrale économique

Le Gabon accélère la modernisation de son principal axe ferroviaire. La Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG), avec le soutien de Proparco et de la Société financière internationale (SFI), a sécurisé un financement de 312 millions d’euros pour poursuivre la rénovation du réseau ferroviaire national.

 

Cet accord constitue la troisième phase du Programme de Modernisation et de Sécurisation (PMS) du Transgabonais, un chantier stratégique lancé pour renforcer la fiabilité, la sécurité et la capacité de cette ligne longue de 648 km, reliant Owendo, sur la façade atlantique, à Franceville, dans l’est du pays.

 

Le financement comprend 225 millions d’euros de nouveaux apports ainsi que 87 millions d’euros destinés au refinancement des phases précédentes. Il vient compléter les engagements publics déjà mobilisés par l’État gabonais auprès de l’Agence française de développement (AFD), à hauteur de 173 millions d’euros, ainsi qu’une subvention de 30 millions d’euros de l’Union européenne dans le cadre de l’initiative Global Gateway.

 

Une infrastructure stratégique pour l’économie gabonaise

 

Véritable artère logistique du pays, le Transgabonais joue un rôle majeur dans l’économie nationale. Le chemin de fer contribue à environ 20% du PIB gabonais et assure une fonction essentielle dans le transport du manganèse, une ressource stratégique dont le Gabon figure parmi les principaux producteurs mondiaux.

 

Mais l’ambition affichée dépasse désormais le seul secteur minier. Le programme vise à développer un réseau capable de soutenir davantage le transport de voyageurs et de marchandises, tout en favorisant le désenclavement des territoires éloignés des grands centres urbains.

 

Depuis le lancement du PMS, 457 km de voie ont déjà été renouvelés avec des traverses en béton, tandis que 186 km disposent désormais de nouveaux rails de 60 kg, selon les données communiquées par la SETRAG.

 

Un partenariat public-privé autour d’un actif stratégique

 

La SETRAG, concessionnaire du réseau ferroviaire gabonais, est détenue par Eramet Comilog (51%), Meridiam (40%) et l’État gabonais (9%). L’entreprise est chargée des équipements ferroviaires comme les rails, les traverses, le ballast ou encore les systèmes de signalisation, tandis que l’État reste responsable des infrastructures relevant du domaine public.

 

Pour Proparco, filiale du groupe AFD dédiée au financement du secteur privé, ce projet illustre la volonté de soutenir des infrastructures capables de stimuler l’activité économique.

 

« Des infrastructures de transport fiables sont essentielles au développement du secteur privé, à la compétitivité régionale et à la création d’emplois », a déclaré Françoise Lombard, directrice générale de Proparco.

 

Du côté de la SFI, l’investissement s’inscrit dans une stratégie visant à mobiliser davantage de capitaux privés pour les infrastructures africaines. « IFC contribue à la modernisation d’une infrastructure ferroviaire stratégique qui permettra de renforcer les chaînes d’approvisionnement et de soutenir la diversification économique du Gabon à long terme », a indiqué Ethiopis Tafare, vice-présidente pour l’Afrique de la SFI.

 

Vers un Transgabonais moins dépendant du manganèse ?

 

Si le manganèse reste au cœur du modèle économique du Transgabonais, ce nouveau programme traduit une volonté de diversification. Le défi pour Libreville sera désormais de transformer cette infrastructure minière en un véritable corridor économique national, capable de connecter davantage les entreprises, les populations et les territoires.

 

« Nous disposons désormais des moyens d’intensifier la sécurisation et la modernisation complète du réseau du Transgabonais, pour en faire une référence logistique en Afrique centrale », a souligné Christian Magni, directeur général de la SETRAG.

 

À terme, cette modernisation pourrait renforcer la compétitivité du Gabon dans les échanges régionaux et positionner le Transgabonais comme un maillon clé des chaînes de valeur liées aux ressources critiques et à la transition énergétique.