News
  • 12/01/2026

Ghana : GoldBod soulage la Banque centrale et sécurise 214 millions de dollars d’or

Au Ghana, la gestion de l’or a connu un tournant décisif. Depuis 2025, le Ghana Gold Board (GoldBod) a repris le commerce opérationnel de l’or, déchargeant la Banque du Ghana (BoG) d’un fardeau qui pesait lourd sur ses finances et ses politiques monétaires.

 

Jusqu’alors, la BoG achetait l’or issu à la fois des grandes mines et de l’exploitation artisanale. L’objectif était de soutenir les réserves de change. Mais cette implication directe exposait la banque centrale à des risques considérables : volatilité des prix, retards de paiement et pertes potentielles importantes. Les transactions liées à l’exploitation artisanale étaient particulièrement vulnérables, menaçant l’équilibre du bilan et l’efficacité de la politique monétaire.

 

GoldBod a changé la donne. En prenant en charge l’achat, l’analyse et l’exportation de l’or, l’institution a séparé les risques opérationnels des comptes de la banque centrale. Désormais, la BoG agit comme principal dans les contrats, tandis que GoldBod facture ses services. Les profits et pertes liés au trading sont ainsi découplés du bilan de la banque centrale, protégeant l’institution des fluctuations du marché.

 

Les bénéfices sont déjà tangibles. La formalisation des flux d’or issus de l’exploitation artisanale permet à davantage de devises étrangères d’entrer dans l’économie nationale. Les réserves extérieures se renforcent, et la dépendance aux emprunts extérieurs coûteux diminue. Comme le note le rapport technique des économistes de l’Université du Ghana : « Les gains de bien-être économique découlant de la formalisation peuvent compenser les pertes comptables déclarées, démontrant que l’efficacité des politiques ne doit pas se mesurer uniquement aux profits ou pertes de la banque centrale. »

 

Cette réforme a aussi amélioré la transparence du système or-change. Des flux auparavant illicites sont désormais intégrés dans les circuits officiels, contribuant à stabiliser le cedi et à renforcer la stabilité macroéconomique.

 

L’impact économique réel de GoldBod a été analysé après la perte historique de 214 millions de dollars subie par la BoG dans ses anciens programmes d’achat. Les chercheurs Festus Ebo Turkson, Agyapomaa Gyeke-Dako et Peter Junior Dotse soulignent que GoldBod a non seulement réduit la contrebande, mais généré des bénéfices économiques supérieurs aux coûts comptables initiaux.

 

Les experts restent toutefois prudents. La réussite de cette approche dépendra d’une gouvernance transparente, d’une application cohérente des règles et de mécanismes de tarification efficaces. Si ces conditions sont respectées, le Ghana pourrait inscrire cette réforme comme un exemple africain de gestion intelligente des ressources naturelles, au service de la stabilité monétaire et d’un système financier résilient.