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  • 24/11/2025

Les migrations de masse en Europe : Un signal d’alerte pour la stabilité mondiale et africaine

Le Département d’État américain a récemment lancé une alerte sur les conséquences des migrations de masse pour l’Europe et ses alliés. Dans un communiqué du 21 novembre 2025, Washington estime que ces flux représentent une « menace existentielle pour la civilisation occidentale » et peuvent déstabiliser ses partenaires stratégiques.

 

Le communiqué prend aujourd’hui une dimension stratégique accrue à travers le prisme de la politique migratoire de Donald Trump, de retour à la présidence. Ce durcissement ne concerne pas seulement l’Europe : il s’élargit à l’Afrique via des accords bilatéraux controversés de rapatriement de migrants depuis les États‑Unis.

 

Depuis son retour, Trump a intensifié une politique migratoire agressive, fondée sur l’expulsion massive de personnes en situation irrégulière. Pour alléger les coûts de détention, l’administration américaine propose aux migrants de repartir volontairement via une application mobile, avec une prime de 1 000 dollars. Parallèlement, Washington cherche à externaliser une partie de ses expulsions : des accords « de pays tiers » ont été signés avec des nations africaines comme le Rwanda, le Ghana, l’Eswatini ou l’Ouganda.

 

Certains de ces accords soulèvent des préoccupations : selon la Commission africaine des droits de l’homme, des migrants sont renvoyés dans des pays qui pourraient ne pas garantir leur sécurité ni leur droit à un procès équitable. Human Rights Watch a également pointé des conditions opaques, notamment des migrants expulsés vers l’Eswatini détenus sans inculpation ni accès à un avocat.

 

Sur le plan diplomatique, certains États africains montrent leur réticence : le Nigeria a refusé de devenir un “pays de dépôt” pour des migrants qu’il ne connaît pas, affirmant qu’il ne veut pas sacrifier sa souveraineté. De son côté, le Burkina Faso a décliné la proposition américaine d’accueillir des expulsés. Ces tensions transatlantiques offrent un prisme africain riche pour lire l’alarme du Département d’État : elles révèlent que les migrations de masse ne sont pas seulement un enjeu européen ou occidental, mais un défi global, incluant directement l’Afrique.

 

Pour le continent africain, cette alerte mérite une lecture attentive. Les flux migratoires ont des impacts sur le commerce, la stabilité des marchés et la capacité des États à attirer des capitaux étrangers. Le communiqué américain souligne également les défis majeurs en matière de sécurité et de droits humains en Europe, mais ses retombées stratégiques concernent aussi l’Afrique.

 

Lorsque certains pays favorisent l’accueil des migrants au détriment de la sécurité et des droits des citoyens, les répercussions économiques et sociales peuvent être lourdes. Pour l’Afrique, qui aspire à renforcer ses partenariats avec l’Europe et les États-Unis, ces dynamiques appellent à une réflexion stratégique sur la gestion des migrations et la protection des populations vulnérables.

 

Les États-Unis se disent prêts à accompagner leurs alliés dans cette crise et à fournir un soutien diplomatique et sécuritaire. Pour les pays africains, ces déclarations rappellent l’importance de développer des politiques de migration responsables et de renforcer la gouvernance régionale afin de prévenir des effets secondaires pouvant fragiliser les économies et les marchés africains.

 

En définitive, cette alerte américaine dépasse les frontières européennes. Elle interpelle l’Afrique sur les enjeux globaux des migrations : sécurité, droits humains, stabilité économique et attractivité des investissements. Les flux migratoires ne sont pas qu’une question de politique intérieure des pays occidentaux ; ils dessinent aussi l’avenir économique et stratégique du continent africain, et imposent aux États africains une réflexion proactive sur leur rôle dans un contexte mondial de plus en plus complexe.