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  • 30/06/2026

Libéria : Joseph Boakai lance la réforme de l'assurance maladie universelle avec un fonds national dédié

Le Libéria franchit une étape majeure dans la réforme de son système de santé. Le président Joseph Nyuma Boakai a reçu le projet de loi créant le Fonds libérien pour l'équité en matière de santé, pierre angulaire d'un futur régime national d'assurance maladie. L'ambition est claire : garantir un accès plus équitable aux soins tout en bâtissant un mécanisme de financement durable capable de protéger les ménages contre les dépenses médicales les plus lourdes.

 

Le gouvernement libérien accélère sa stratégie en faveur de la couverture sanitaire universelle. En recevant officiellement le projet de loi portant création du Fonds libérien pour l'équité en matière de santé (LHEF) ainsi que le cadre de référence de la future Autorité libérienne pour l'équité en matière de santé (HEAL), le président Joseph Nyuma Boakai a posé un jalon important dans la transformation du système national de santé.

 

Cette réforme s'inscrit dans le pilier « Assainissement et santé » du programme gouvernemental ARREST, qui vise à améliorer durablement l'accès aux soins, à renforcer les infrastructures sanitaires et à développer les services essentiels, notamment l'eau potable, l'hygiène et la santé publique.

 

Pour l'exécutif, le futur régime national d'assurance maladie devra permettre à l'ensemble des Libériens ainsi qu'aux résidents légaux d'accéder à des soins de qualité sans être exposés à des dépenses médicales susceptibles de fragiliser durablement leur situation financière.

 

En recevant les documents préparés par le ministère de la Santé, Joseph Boakai a rappelé que la protection de la santé des citoyens constitue une responsabilité fondamentale de l'État. Selon lui, aucun développement durable n'est envisageable sans des investissements conséquents dans le capital humain.

 

Le chef de l'État estime que l'accès simultané à une éducation de qualité et à des services de santé performants constitue le socle de la transformation économique et sociale du pays. Il a également insisté sur la nécessité de mobiliser l'ensemble de la population autour de cette réforme, jugeant indispensable une vaste campagne de sensibilisation afin d'expliquer le fonctionnement de l'assurance maladie et d'encourager l'adhésion des citoyens.

 

S'inspirant d'expériences internationales, le président Boakai a souligné que le Libéria pouvait adapter des modèles déjà éprouvés plutôt que de repartir de zéro. Il a rappelé que le principe même de l'assurance maladie repose sur la mutualisation des cotisations afin de garantir la disponibilité des ressources lorsque les assurés ont besoin de soins.

 

Au-delà de son ambition sociale, le projet de loi repose sur une architecture financière particulièrement diversifiée. Le gouvernement prévoit de mobiliser des ressources provenant de plusieurs canaux afin d'assurer la pérennité du futur système.

 

Les salariés du secteur formel contribueront au financement à travers des cotisations représentant entre 0,5% et 1% des rémunérations, collectées via la NASSCORP et réparties entre employeurs et employés selon les modalités qui seront fixées par la future autorité de régulation.

 

Le texte prévoit également l'affectation d'une part des recettes de la taxe sur la valeur ajoutée, comprise entre 1% et 3%, ainsi qu'une surtaxe d'un cent sur chaque transaction de paiement mobile réalisée dans le pays. Les entreprises titulaires de concessions minières de classes A et B seront elles aussi mises à contribution à travers des prélèvements obligatoires dont les montants seront précisés par voie réglementaire.

 

Le financement reposera également sur des contributions forfaitaires du secteur informel, collectées via les organisations professionnelles et l'Autorité fiscale du Libéria. À cela s'ajouteront 10% des recettes issues des droits d'accise, 5% des revenus générés par les taxes environnementales ainsi que diverses contributions imposées aux entreprises opérant dans les secteurs de l'assurance maladie et des services de santé.

 

En multipliant les sources de financement, le gouvernement entend créer un mécanisme suffisamment robuste pour soutenir durablement la couverture sanitaire universelle, améliorer l'équité dans l'accès aux soins et renforcer la résilience du système de santé libérien.

 

Pour Monrovia, cette réforme représente bien plus qu'un simple projet de santé publique. Elle constitue un investissement stratégique dans le développement humain et la stabilité économique du pays, avec l'objectif de réduire les inégalités sanitaires tout en protégeant les ménages contre les chocs financiers liés à la maladie.