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  • 24/07/2026

Londres plutôt que Dubaï : Le choix stratégique de Dangote Cement pour sa cotation internationale

Après la raffinerie de pétrole, c'est au tour de l'activité cimentière de se préparer à franchir une nouvelle étape de son développement. Le groupe Dangote Cement envisage une cotation secondaire à la Bourse de Londres (London Stock Exchange – LSE), préférant la place financière britannique à Dubaï pour accélérer son ouverture aux investisseurs internationaux. Derrière cette opération se dessine une stratégie plus large : faire de l'empire industriel d'Aliko Dangote un acteur pleinement intégré aux marchés mondiaux des capitaux.

 

Selon des informations rapportées par Bloomberg, Mariya Dangote, administratrice de Dangote Cement, a indiqué que Londres offrait un environnement plus adapté aux activités du groupe et permettrait une procédure de cotation plus rapide qu'à Dubaï. L'entreprise vise une introduction d'ici la fin de 2026 ou au cours du premier trimestre 2027.

 

Cette annonce intervient alors que le groupe prépare également l'introduction en Bourse de sa raffinerie, attendue dès septembre 2026 selon les mêmes déclarations. L'enchaînement de ces opérations traduit une accélération de la stratégie financière du conglomérat nigérian.

 

Une stratégie mûrie depuis plusieurs années

 

L'idée d'une cotation internationale de Dangote Cement n'est pas nouvelle. Dès mai dernier, le groupe avait confirmé étudier une cotation secondaire à Londres, tout en précisant que le projet restait soumis aux conditions de marché et aux autorisations réglementaires.

 

Aliko Dangote avait ensuite expliqué au Financial Times que les réformes récentes des règles de cotation britanniques rendaient désormais cette opération plus attractive. Selon lui, le groupe réfléchissait à cette possibilité depuis près d'une décennie.

 

Les nouvelles déclarations de Mariya Dangote marquent toutefois une évolution importante : Londres semble désormais avoir définitivement pris l'avantage sur Dubaï.

 

Pourquoi Londres plutôt que Dubaï ?

 

Pour une entreprise présente dans plus d'une dizaine de pays africains, la place londonienne offre plusieurs avantages stratégiques.

 

Elle permet d'accéder à un bassin beaucoup plus large d'investisseurs institutionnels internationaux, d'améliorer la liquidité des actions et de renforcer la visibilité du groupe auprès des grands gestionnaires d'actifs mondiaux. Les réformes engagées par le Royaume-Uni afin de moderniser les règles de cotation constituent également un facteur d'attractivité.

 

Pour Dangote Cement, qui reste déjà coté à la Nigerian Exchange (NGX), une cotation secondaire ne remplacerait pas son marché domestique. Elle viendrait plutôt compléter son accès aux capitaux internationaux afin d'accompagner ses futurs investissements.

 

Une nouvelle phase de développement pour le champion africain du ciment

 

Dangote Cement demeure le premier producteur de ciment du continent africain. Le groupe dispose d'une capacité de production d'environ 60 millions de tonnes par an répartie entre le Nigéria et plusieurs marchés africains.

 

Son ambition est de porter cette capacité à près de 100 millions de tonnes à l'horizon 2030, grâce à l'expansion de ses capacités industrielles et au développement de ses exportations.

 

Dans ce contexte, disposer d'un accès plus direct aux marchés financiers internationaux constitue un levier important pour financer cette croissance tout en diversifiant ses sources de capitaux.

 

Un signal fort pour les marchés africains

 

Au-delà du seul cas de Dangote Cement, cette opération illustre une tendance plus large observée chez plusieurs grands groupes africains.

 

Face à des besoins de financement toujours plus importants, les entreprises les plus internationales cherchent désormais à compléter leur présence sur les marchés boursiers locaux par des cotations sur de grandes places financières mondiales. L'objectif est autant de lever des capitaux que d'améliorer leur notoriété auprès des investisseurs internationaux.

 

Cette évolution pose néanmoins la question de l'attractivité des marchés financiers africains. Si les Bourses locales demeurent essentielles pour mobiliser l'épargne nationale et régionale, les opérations de grande envergure continuent de se tourner vers des centres financiers offrant davantage de liquidité et une base d'investisseurs plus large.

 

Le choix de Londres par Dangote Cement confirme ainsi que les grands champions industriels africains entendent désormais jouer dans la même catégorie que les multinationales internationales, en recherchant des financements à l'échelle mondiale plutôt qu'exclusivement continentale.