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  • 12/01/2026

Mali : Quand le terrorisme devient une arme économique

Le 11 janvier, trois sites industriels de l’Ouest malien ont été la cible d’attaques coordonnées, révélant une stratégie terroriste visant directement l’économie. Entre 150 et 200 assaillants, lourdement armés et circulant à moto le long de la route nationale RN22, ont incendié des installations industrielles, provoquant d’importants dégâts matériels et l’arrêt immédiat de la production, rapportent Mali Tribune et RFI Mali.

 

Parmi les sites touchés, l’usine Stones de Bafoulabé, spécialisée dans la fabrication de carreaux et de chaux, a été frappée pour la deuxième fois en six mois. La première attaque, survenue en juillet 2025, avait déjà paralysé la production. L’entrepreneur Ibrahima Diawara déplore : « Chaque attaque détruit des emplois et fragilise les familles de la région. Mais nous ne baisserons pas les bras. »

 

Selon des analystes du Centre d’Analyse du Sahel, ces attaques s’inscrivent dans une stratégie ciblée visant à « asphyxier le pays par l’économie », en fragilisant les infrastructures productives et en décourageant les investisseurs nationaux et étrangers.

 

L’impact économique est significatif. L’usine Stones représente un pilier de l’emploi local, fournissant des revenus à plusieurs centaines de familles et soutenant les fournisseurs et transporteurs de la région. La mise à l’arrêt répétée de l’usine accentue la précarité sociale et fragilise un tissu industriel déjà limité, souligne l’économiste malien Dr. Moussa Sangaré : « Chaque arrêt réduit non seulement la production nationale, mais affaiblit également la résilience économique régionale. »

 

Au-delà de l’Ouest malien, ces attaques illustrent une menace plus large pour l’économie du pays. Les entrepreneurs hésitent désormais à investir, et la confiance des marchés locaux et internationaux est ébranlée. Pour l’État malien, sécuriser les zones industrielles devient une priorité stratégique, car la stabilité économique et sociale dépend désormais de la protection des entreprises locales.

 

Malgré la violence répétée, la résilience des acteurs locaux reste remarquable. Comme le rappelle Ibrahima Diawara : « Tenir malgré les attaques, c’est notre manière de défendre l’économie du Mali. »

 

Ces événements rappellent que, dans le Sahel, la lutte contre le terrorisme n’est plus seulement militaire. Elle est aussi économique, et la capacité du Mali à protéger ses infrastructures productives pourrait déterminer la stabilité et le développement du pays pour les années à venir.