Le Maroc continue d'investir dans le rail pour soutenir sa croissance économique. La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 8 juillet, un financement de 205 millions d'euros (environ 240 millions de dollars) destiné à accompagner le prolongement de la ligne à grande vitesse (LGV) vers Marrakech et la modernisation du corridor ferroviaire reliant Kénitra à la cité ocre.
Derrière ce financement se joue bien plus que
l'extension d'une ligne ferroviaire. Le projet s'inscrit dans la stratégie du
Royaume visant à fluidifier les échanges entre ses principaux pôles
économiques, industriels et touristiques, tout en renforçant son rôle de
plateforme logistique entre l'Europe et l'Afrique.
Le corridor Kénitra-Marrakech est aujourd'hui l'un des
plus sollicités du pays. Il concentre une part importante du trafic de
voyageurs et de marchandises et dessert des villes stratégiques, dont
Casablanca, moteur économique du Maroc. Avec l'augmentation des déplacements et
des échanges commerciaux, les infrastructures existantes sont appelées à
absorber des flux toujours plus importants.
Le financement accordé par la BAD, dans le cadre du Projet
d'appui au développement des infrastructures ferroviaires (PADIF), permettra
d'étendre la ligne à grande vitesse tout en modernisant le réseau ferroviaire
existant. De nouveaux rails et équipements seront installés sur les lignes
classiques comme sur la LGV, notamment autour du nœud ferroviaire de
Casablanca, afin d'améliorer la capacité du réseau et sa fiabilité.
Pour les entreprises comme pour les voyageurs, les
bénéfices attendus dépassent la seule question du transport. Des trajets plus
rapides, des coûts logistiques réduits et une meilleure fluidité des échanges
devraient renforcer la compétitivité de l'économie marocaine. Le projet
s'inscrit également dans les ambitions du Royaume en matière de mobilité
durable, le transport ferroviaire étant considéré comme une alternative moins
émettrice de carbone que le transport routier.
« En associant le prolongement de la ligne ferroviaire
à grande vitesse à la modernisation des infrastructures existantes, cette
opération permettra de mieux absorber le trafic croissant de voyageurs et de
marchandises », a déclaré Achraf Tarsim, chef du bureau de la Banque africaine
de développement au Maroc. Selon lui, le projet contribuera également à
renforcer la compétitivité logistique du Royaume et à consolider son rôle de
passerelle entre l'Europe et l'Afrique.
Au-delà des travaux, le PADIF comprend un dispositif
d'appui à la gestion du projet, à la supervision technique et au suivi des
résultats afin d'assurer une mise en œuvre efficace.
Cette nouvelle opération accompagne le Plan Rail 2040,
feuille de route des autorités marocaines pour moderniser le réseau ferroviaire
national, ainsi que le Document de stratégie pays 2024-2029 de la BAD. Le
Royaume, qui exploite déjà la première ligne ferroviaire à grande vitesse
d'Afrique, poursuit ainsi son ambition de faire du rail un levier de
compétitivité, de développement territorial et de transition vers une mobilité
plus durable.
Partenaire historique du Maroc, la Banque africaine de
développement a mobilisé près de 15 milliards d'euros depuis 1978 pour financer
plus de 150 projets dans le pays. Les transports figurent parmi les secteurs
prioritaires de cette coopération, aux côtés de l'énergie, de l'eau, de
l'agriculture, de la gouvernance, de la protection sociale et du secteur
financier.
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