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  • 09/07/2026

PND 2026-2030 : La Côte d'Ivoire décroche 80 milliards de dollars d'engagements et renforce son statut de valeur refuge en Afrique

Les chiffres dépassent toutes les attentes. Réunis à Abidjan les 8 et 9 juillet, les partenaires techniques et financiers ainsi que les investisseurs privés ont annoncé environ 80 milliards de dollars (47 820 milliards FCFA) d'engagements en faveur du financement du Plan national de développement (PND) 2026-2030 de la Côte d'Ivoire. Ce montant représente plus de quatre fois les 18,6 milliards de dollars (11 138,2 milliards FCFA) que le gouvernement recherchait pour couvrir les besoins de financement de la composante publique du programme.

 

Au-delà de cette performance, le Groupe consultatif marque une nouvelle étape dans la montée en puissance économique de la Côte d'Ivoire. Pour les bailleurs comme pour les investisseurs, ce niveau exceptionnel d'engagements traduit avant tout une confiance renouvelée dans la capacité du pays à poursuivre sa trajectoire de croissance et à transformer les ressources mobilisées en investissements productifs.

 

Une mobilisation inédite des partenaires

 

Le PND 2026-2030 représente l'un des programmes d'investissement les plus ambitieux jamais élaborés par la Côte d'Ivoire. Son coût global est estimé à près de 192 milliards de dollars (114 838,5 milliards FCFA). Dans cette enveloppe, 70,2% des financements devront provenir du secteur privé, tandis que l'État et ses partenaires couvriront les 29,8% restants.

 

C'est précisément pour mobiliser cette part publique que le gouvernement avait organisé le Groupe consultatif. Avec 47 820 milliards FCFA d'intentions de financement annoncées, l'objectif initial est largement dépassé, offrant aux autorités une marge financière bien supérieure aux attentes.

 

Ces engagements ne constituent toutefois pas des décaissements immédiats. Ils correspondent à des intentions de financement qui se concrétiseront progressivement sous forme de prêts, de dons, de garanties ou d'investissements, au rythme de la mise en œuvre des projets.

 

Quinze années de réformes récompensées

 

Si les partenaires ont répondu présents, c'est parce que la Côte d'Ivoire présente aujourd'hui un profil économique jugé solide.

 

Malgré les crises successives — pandémie de Covid-19, tensions géopolitiques, inflation mondiale ou encore effets du changement climatique — l'économie ivoirienne a enregistré une croissance moyenne supérieure à 6,5% par an au cours des quinze dernières années. Dans le même temps, le produit intérieur brut a doublé et le taux de pauvreté est passé de 55,4% en 2011 à 37,5% en 2021.

 

Lors de l'ouverture des travaux, le Vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, représentant le chef de l'État, a rappelé que ces résultats reposaient sur des fondamentaux macroéconomiques solides, une discipline budgétaire préservée et une amélioration continue du climat des affaires.

 

Pour les institutions financières internationales, cette stabilité réduit le risque associé aux investissements de long terme.

 

Un plan conçu pour accélérer la transformation économique

 

Le nouveau PND ne se limite pas à un programme de dépenses publiques. Il ambitionne de porter la croissance moyenne du pays à 7,2% sur la période 2026-2030 tout en accélérant la transformation structurelle de l'économie.

 

Les investissements cibleront notamment la transformation des chaînes de valeur agricoles, le développement du capital humain, les infrastructures économiques, l'industrialisation, l'inclusion sociale, le financement innovant ainsi que l'amélioration de l'efficacité de la dépense publique.

 

Le gouvernement entend également renforcer le rôle du secteur privé, appelé à devenir le principal moteur des investissements et de la création d'emplois.

 

Un signal fort envoyé aux investisseurs

 

La mobilisation exceptionnelle enregistrée à Abidjan dépasse largement le cadre du seul financement du PND.

 

La présence de plus de 3 000 participants issus de 49 pays, aux côtés des principales institutions financières internationales, des investisseurs privés et des grandes entreprises, illustre le regain d'intérêt suscité par l'économie ivoirienne.

 

Les représentants de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de la Banque islamique de développement, des Nations unies et de l'Union européenne ont d'ailleurs convergé vers un même constat : la Côte d'Ivoire dispose aujourd'hui d'une vision stratégique claire, d'une gouvernance économique renforcée et d'un potentiel de croissance qui justifie un accompagnement massif.

 

Le véritable défi commence désormais. Les engagements annoncés devront se traduire par des projets exécutés dans les délais, une gouvernance rigoureuse et des retombées tangibles pour les populations. C'est à cette condition que cette mobilisation financière exceptionnelle deviendra un véritable accélérateur de développement et confortera l'ambition d'une Côte d'Ivoire aspirant au statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d'ici à 2030.