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  • 03/02/2026

Mobilité électrique : Le Nigéria parie sur l’industrie verte avec la Corée du Sud

Le Nigéria veut accélérer sa transition énergétique sans renoncer à ses ambitions industrielles. Abuja a franchi un nouveau cap en signant un accord stratégique avec la Corée du Sud pour implanter une usine de fabrication de véhicules électriques sur son territoire. Une annonce qui traduit la volonté du gouvernement fédéral de repositionner le pays dans les industries d’avenir.

 

Le protocole d’accord a été conclu entre le ministre d’État à l’Industrie, John Enoh, et des représentants du Comité asiatique de développement économique (AEDC) de Corée du Sud. L’objectif affiché est clair : faire du Nigéria un acteur industriel crédible dans la mobilité propre, tout en réduisant sa dépendance aux importations de véhicules.

 

Selon le communiqué officiel, cette coopération vise à « accélérer le transfert de technologies, la promotion des investissements, le développement du capital humain, ainsi que la recherche, la conception et l’innovation ». Une formulation qui révèle une ambition plus large qu’un simple projet d’assemblage industriel.

 

Le projet sera déployé de manière progressive. La première phase portera sur l’assemblage de véhicules électriques, avant une montée en puissance vers une production entièrement locale. À terme, l’usine devrait atteindre une capacité annuelle estimée à 300 000 véhicules. Une échelle qui, si elle est réalisée, placerait le Nigéria parmi les pôles industriels majeurs du continent dans ce segment.

 

L’impact social est également mis en avant. Le gouvernement évoque la création d’environ 10 000 emplois directs, un argument de poids dans un pays confronté à une forte pression démographique et à un chômage persistant, notamment chez les jeunes diplômés.

 

Au-delà des chiffres, cet accord reflète une orientation stratégique. Le Nigéria ne cherche plus seulement à exporter des matières premières ou à consommer des technologies importées. Il veut désormais participer à leur conception et à leur fabrication, en s’appuyant sur des partenariats technologiques ciblés.

 

Reste un défi central : la mise en œuvre. La réussite du projet dépendra de la qualité des infrastructures, de la stabilité réglementaire et de la capacité à former une main-d’œuvre qualifiée. Autant de conditions nécessaires pour transformer cette annonce en véritable levier de transformation industrielle.

 

Pour Abuja, l’enjeu est clair : prouver que la transition énergétique peut aussi être une opportunité de réindustrialisation. Pour le Nigéria, le pari est audacieux. Mais dans un monde qui roule de plus en plus à l’électricité, rester sur le bord de la route n’est plus une option.