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  • 12/10/2026

Nigéria : Fitch se montre plus optimiste, mais maintient sa note financière

L'agence Fitch Ratings a relevé de stable à positive la perspective du Nigéria, tout en maintenant sa note souveraine à B. Le renforcement des réserves de change et les réformes économiques engagées par Bola Tinubu rassurent les marchés, mais les fragilités budgétaires et sociales restent importantes.

 

Le Nigéria regagne progressivement la confiance des marchés financiers. Le 9 octobre 2026, Fitch Ratings a relevé de stable à positive la perspective associée à la note souveraine du pays, maintenue à B. L'agence estime que les réformes économiques engagées depuis 2023 pourraient se poursuivre au-delà des élections générales de 2027.

 

Cette décision ne constitue toutefois pas un relèvement de la note. Elle signifie que Fitch envisage une amélioration future si les progrès observés se confirment. Le pays reste classé dans la catégorie spéculative, qui traduit un risque de crédit significatif.

 

Des réserves de change en forte progression

 

Le renforcement des réserves de change figure parmi les principaux facteurs de cette appréciation. Selon les données rapportées à l'occasion de l'annonce, elles ont atteint 54,9 milliards de dollars au 25 septembre 2026, contre environ 32 milliards de dollars à la mi-avril 2024.

 

Cette progression améliore la capacité du pays à financer ses importations, à honorer ses engagements extérieurs et à absorber les chocs économiques. Elle contribue également à rassurer les investisseurs sur la solidité de sa position extérieure.

 

Depuis son arrivée au pouvoir en 2023, le président Bola Tinubu a engagé plusieurs réformes, notamment la suppression de la subvention généralisée aux carburants et la réforme du marché des changes. Ces mesures visent à réduire les distorsions économiques et à améliorer les finances publiques.

 

Le renforcement des réserves ne garantit cependant pas une stabilité durable du naira. Le Nigéria reste exposé aux fluctuations des cours du pétrole, qui influencent ses recettes d'exportation et ses entrées de devises.

 

Le défi de la continuité après 2027

 

Pour Fitch, la poursuite des réformes au-delà des prochaines élections constitue un enjeu important. Les investisseurs veulent savoir si les autorités maintiendront leur politique économique malgré les pressions sociales et électorales.

 

Les mesures engagées ont contribué à modifier le cadre macroéconomique, mais leur coût social reste élevé. La hausse des prix des carburants et des transports a pesé sur les ménages, tandis que les entreprises ont dû composer avec des coûts plus importants.

 

Le gouvernement doit désormais concilier deux objectifs : préserver les équilibres financiers et améliorer les conditions de vie. La mobilisation des recettes fiscales sera notamment déterminante pour financer les infrastructures et les services publics sans accroître excessivement les contraintes budgétaires.

 

La Banque mondiale prévoit une croissance moyenne de 4,4% jusqu'en 2028, sous réserve du maintien des réformes et d'une amélioration des services publics. Cette perspective offre des possibilités de consolidation économique, sans garantir à elle seule une hausse des revenus ou du pouvoir d'achat.

 

Une amélioration qui ne fait pas disparaître les risques

 

Fitch maintient la note souveraine à B en raison de plusieurs vulnérabilités : la dépendance aux hydrocarbures, l'inflation, les faiblesses des indicateurs de gouvernance et les problèmes de sécurité.

 

Le poids du service de la dette et les limites de la mobilisation des recettes fiscales réduisent également les marges de manœuvre de l'État. Une baisse prolongée des cours du pétrole pourrait fragiliser à la fois les finances publiques et les réserves de change.

 

La décision de Fitch s'inscrit néanmoins dans une tendance plus large. En mai 2026, S&P Global Ratings a relevé la note souveraine à long terme du Nigéria de B- à B. En août, Moody's a fait passer de stable à positive la perspective associée à sa note B3.

 

Les trois agences n'ont pas pris des décisions identiques, mais leurs évaluations témoignent d'une amélioration de certains fondamentaux économiques du pays. Cette évolution pourrait favoriser l'accès aux financements si elle se confirme, sans garantir une baisse immédiate des taux d'emprunt.

 

Pour le Nigéria, le véritable défi est désormais de transformer les progrès macroéconomiques en résultats durables. Une inflation qui ralentit ne signifie pas que les prix baissent, et des réserves de change plus importantes ne se traduisent pas automatiquement par une amélioration du quotidien des ménages.

 

Fitch reconnaît ainsi les progrès économiques du Nigéria, sans considérer les risques comme résolus. La poursuite des réformes, la maîtrise des déséquilibres budgétaires et l'amélioration du pouvoir d'achat seront déterminantes pour consolider cette confiance après 2027.