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  • 24/08/2026

Orpaillage illégal : Quel coût économique pour la Côte d'Ivoire ?

En Côte d'Ivoire, l'orpaillage clandestin n'est plus seulement une question d'environnement. Réuni le 23 juillet 2026 sous la présidence d'Alassane Ouattara, le Conseil national de sécurité a jugé le phénomène « fortement préoccupant » pour l'économie nationale. Or soustrait au fisc, terres agricoles ravagées, eau potable menacée : la facture s'alourdit chaque année.

 

Des milliards de FCFA hors du circuit légal

 

La première victime, c'est le Trésor public. Le cabinet Bloomfield Intelligence estime que l'exploitation clandestine de l'or prive l'État d'environ 3 000 milliards FCFA par an, soit plus de 142 tonnes d'or hors de tout contrôle. Le contraste est net avec le secteur minier légal, qui a pesé 4,5 à 5% du PIB en 2024 et plus de 14 milliards de dollars d'exportations. L'or informel, lui, nourrit des circuits parallèles et des réseaux criminels.

 

Une offensive de l'État aux résultats limités

 

Face au phénomène, les autorités multiplient les opérations. Depuis 2021, plus de 8 500 sites clandestins ont été démantelés et 4 474 personnes déférées devant la justice, dont près des deux tiers d'étrangers. Les forces de sécurité revendiquent 960 millions FCFA saisis et 136 kilogrammes d'or récupérés. Résultat encore insuffisant : 30 des 31 régions du pays seraient désormais touchées.

 

L'agriculture et l'eau, premières victimes économiques

 

Le danger est aussi structurel. L'agriculture représente environ 17% de la richesse nationale et quatre emplois sur dix. Or l'orpaillage détruit des terres cultivables et pollue les fleuves. À Bocanda puis à Agboville, la contamination des cours d'eau a perturbé la distribution d'eau potable en 2026. Pour réparer les dégâts, l'État vise la restauration de 4 500 hectares de terres d'ici 2030. Un député a même proposé, le 19 août, de suspendre toute exploitation aurifère durant cinq ans.

 

F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info