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  • 21/08/2026

Niger : Plus de 224,2 millions de dollars pour une centrale solaire de 200 MWc, avec batteries de stockage

Le Niger accélère sur le front de l’autonomie énergétique. À Niamey, l’État vient de franchir une nouvelle étape avec la signature d’une convention de partenariat public-privé de 126,1 milliards FCFA avec Niger Electricity Power Production (NEPP) pour la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 200 MWc, dotée d’un système de stockage par batteries.

 

L’accord, paraphé le 20 août 2026, prévoit la réalisation et l’exploitation de l’infrastructure dans le cadre d’un contrat BOT (Build, Operate, Transfer). Concrètement, NEPP financera, construira et exploitera la centrale pendant 20 ans avant d’en transférer la propriété à l’État nigérien.

 

L’enjeu dépasse donc la seule construction d’une nouvelle centrale. Pour Niamey, il s’agit de renforcer durablement une production électrique nationale encore insuffisante et de réduire la dépendance du pays aux importations d’électricité.

 

Un projet préparé depuis 2025

 

La signature de la convention ne constitue pas un coup d’envoi improvisé. Le projet était déjà engagé dans le processus réglementaire depuis plusieurs mois.

 

En janvier 2025, l’Autorité de régulation du secteur de l’énergie du Niger (ARSE) avait rendu une décision relative à l’étude de faisabilité de cette centrale solaire de 200 MWc dans le cadre d’un PPP entre l’État et NEPP. En mars 2026, un comité de négociation réunissant notamment les autorités en charge de l’énergie et des finances, la NIGELEC et l’ARSE travaillait encore sur les modalités du projet.

 

La convention signée en août vient ainsi formaliser un processus de préparation engagé de longue date.

 

Le stockage, pièce maîtresse du dispositif

 

La particularité du projet réside surtout dans l’intégration de batteries de stockage. Une centrale solaire de 200 MWc produit naturellement lorsque l’ensoleillement est disponible, alors que la demande électrique ne disparaît pas au coucher du soleil.

 

Le stockage doit précisément permettre de déplacer une partie de cette production dans le temps. L’électricité produite pendant les heures d’ensoleillement pourra ainsi être restituée en soirée ou lors des périodes de forte demande.

 

Pour un pays confronté à des contraintes d’approvisionnement, cette capacité est stratégique. Elle permet de mieux valoriser la production solaire et de limiter l’intermittence inhérente aux énergies renouvelables.

 

La capacité exacte des batteries en MWh n’a toutefois pas été précisée dans les informations publiques disponibles à ce stade. Il faudra donc éviter d’extrapoler leur autonomie ou leur contribution au réseau avant la publication des caractéristiques techniques définitives.

 

NIGELEC achètera l’électricité à 35 FCFA/kWh

 

Le modèle économique repose sur un contrat de vente d’électricité à la NIGELEC, la société nationale d’électricité, au prix annoncé de 35 FCFA par kWh.

 

Ce tarif constitue l’un des paramètres essentiels de l’équation financière du projet. Le montage BOT permet à l’État de bénéficier d’une nouvelle capacité de production sans supporter immédiatement l’intégralité de l’investissement initial de 126,1 milliards FCFA.

 

En contrepartie, l’engagement d’achat d’électricité sur la durée du contrat donne au promoteur une visibilité nécessaire pour structurer le financement de l’infrastructure.

 

Le dispositif illustre ainsi une tendance désormais bien établie dans le financement des infrastructures énergétiques africaines : faire appel au capital privé pour accélérer l’augmentation des capacités publiques de production, tout en reportant le transfert de propriété à une échéance ultérieure.

 

Deux ans pour construire la centrale

 

Le calendrier prévoit d’abord environ six mois consacrés aux études techniques et au bouclage financier, avant une phase de construction estimée à deux ans.

 

Si ce calendrier est respecté, le Niger disposera à terme d’une nouvelle capacité solaire significative dans la région de Niamey. Les retombées ne seront d’ailleurs pas uniquement énergétiques.

 

Le projet devrait générer environ 1 300 emplois directs et indirects sur sa durée, avec un volet consacré au transfert de compétences au profit de la main-d’œuvre locale. Le président de NEPP, Adamou Amadou Daouda, a notamment insisté sur cet aspect.

 

Pour le Niger, l’enjeu sera désormais de transformer cette promesse en véritable montée en compétence des acteurs locaux, notamment dans les métiers de l’exploitation, de la maintenance et de la gestion des équipements solaires et de stockage.

 

Une nouvelle pièce dans la stratégie énergétique du Niger

 

Avec 126,1 milliards FCFA mobilisés, le projet NEPP représente une opération significative pour le secteur électrique nigérien. Mais sa portée se mesurera moins à la taille de l’investissement qu’à sa capacité à produire une électricité disponible au moment où le réseau en a besoin.

 

C’est précisément là que les batteries peuvent changer la donne. Le solaire fournit l’énergie ; le stockage permet de mieux l’adapter au rythme de la demande.

 

Pour le Niger, qui cherche à accroître sa souveraineté énergétique tout en maîtrisant les contraintes budgétaires, le pari est donc double : augmenter rapidement la production nationale et attirer le financement privé dans des infrastructures lourdes.

 

Le véritable test commencera maintenant. Il faudra boucler le financement, finaliser les études, construire l’installation et surtout démontrer que le prix de 35 FCFA/kWh permet de concilier rentabilité du projet, soutenabilité financière pour la NIGELEC et accès à une électricité plus abondante.

 

Avec ce projet, Niamey ne mise donc pas uniquement sur le soleil. Il mise sur un modèle de financement et de stockage destiné à transformer une ressource naturelle abondante en électricité disponible, compétitive et, à terme, sous contrôle public.