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  • 07/10/2026

Rwanda : Le FMI ouvre la voie à 35,7 millions de dollars malgré une inflation à 15,7%

Le FMI juge satisfaisante l’exécution du programme économique rwandais et pourrait permettre à Kigali d’accéder à 35,7 millions de dollars après validation de son premier examen. Mais derrière une croissance de 9,7%, l’inflation à 15,7% constitue désormais le principal défi.

 

Le Rwanda conserve une croissance robuste, mais la hausse des prix vient assombrir le tableau. À l’issue d’une mission menée du 23 septembre au 6 octobre 2026, les services du Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord de principe avec Kigali sur le premier examen du programme soutenu par la facilité élargie de crédit (FEC).

 

Le décaissement n’est toutefois pas encore acquis. Le dossier doit être approuvé par la direction puis le Conseil d’administration du FMI, attendu en décembre. En cas de validation, le Rwanda pourrait accéder à 35,7 millions de dollars supplémentaires.

 

Le FMI juge néanmoins l’exécution du programme satisfaisante. Tous les critères de performance quantitatifs fixés à fin juin ont été respectés, tandis que Kigali progresse sur les réformes destinées à renforcer le cadre d’investissement et les marchés des valeurs mobilières et des changes.

 

Une croissance forte face à une inflation persistante

 

Le PIB réel a progressé de 9,7% au premier semestre 2026, porté notamment par les exportations et les transferts de fonds. Le déficit courant s’est réduit et les réserves de change couvrent environ quatre mois d’importations.

 

Mais cette performance s’accompagne d’une forte pression sur les prix. L’inflation a atteint 15,7% en août, contre un objectif de moyen terme de 5% fixé par la Banque nationale du Rwanda (BNR).

 

La hausse reflète des tensions internes et le renchérissement international du pétrole et des engrais. La BNR a donc renforcé sa politique monétaire restrictive. Pour le FMI, cette orientation devra rester suffisamment ferme pour ramener progressivement l’inflation vers sa cible.

 

Le défi pour Kigali est désormais de freiner les prix sans casser une croissance qui reste parmi les plus dynamiques du continent.

 

Les finances publiques restent sous surveillance

 

Le déficit budgétaire a été ramené à 4,8% du PIB sur l’exercice 2025/26, grâce notamment à une bonne mobilisation des recettes fiscales. La répercussion de la hausse des prix internationaux du pétrole sur les prix à la pompe a également limité le coût des subventions aux carburants.

 

Le FMI appelle toutefois Kigali à poursuivre l’assainissement budgétaire afin de préserver un risque modéré de surendettement et de reconstituer des marges de manœuvre. L’effort devra notamment porter sur les recettes intérieures et sur une sélection plus rigoureuse des investissements publics financés par des ressources extérieures.

 

Des perspectives encore favorables

 

Le FMI prévoit une croissance de 7,8% en 2026, puis de 7% en 2027. Cette trajectoire reste exposée aux cours des matières premières, aux tensions commerciales et géopolitiques, au durcissement des conditions de financement internationales et aux risques climatiques liés notamment à El Niño.

 

Le nouveau dispositif d’approvisionnement en pétrole de la compagnie nationale rwandaise de l’énergie (RNEC) pourrait toutefois améliorer la sécurité énergétique et réduire les coûts d’achat de carburant.

 

Pour Kigali, l’enjeu dépasse donc les 35,7 millions de dollars attendus. Le respect des critères du programme permet de préserver la confiance des partenaires financiers, mais la véritable bataille se joue désormais sur les prix. Avec une inflation à 15,7%, le Rwanda doit démontrer qu’il peut maintenir sa forte croissance sans laisser les tensions inflationnistes s’installer durablement.