Le FMI juge satisfaisante l’exécution du programme économique rwandais et pourrait permettre à Kigali d’accéder à 35,7 millions de dollars après validation de son premier examen. Mais derrière une croissance de 9,7%, l’inflation à 15,7% constitue désormais le principal défi.
Le Rwanda conserve une croissance robuste, mais la
hausse des prix vient assombrir le tableau. À l’issue d’une mission menée du 23
septembre au 6 octobre 2026, les services du Fonds monétaire international
(FMI) ont conclu un accord de principe avec Kigali sur le premier examen du
programme soutenu par la facilité élargie de crédit (FEC).
Le décaissement n’est toutefois pas encore acquis. Le
dossier doit être approuvé par la direction puis le Conseil d’administration du
FMI, attendu en décembre. En cas de validation, le Rwanda pourrait accéder à 35,7
millions de dollars supplémentaires.
Le FMI juge néanmoins l’exécution du programme
satisfaisante. Tous les critères de performance quantitatifs fixés à fin juin
ont été respectés, tandis que Kigali progresse sur les réformes destinées à
renforcer le cadre d’investissement et les marchés des valeurs mobilières et
des changes.
Une croissance forte face à une inflation
persistante
Le PIB réel a progressé de 9,7% au premier semestre
2026, porté notamment par les exportations et les transferts de fonds. Le
déficit courant s’est réduit et les réserves de change couvrent environ quatre
mois d’importations.
Mais cette performance s’accompagne d’une forte
pression sur les prix. L’inflation a atteint 15,7% en août, contre un objectif
de moyen terme de 5% fixé par la Banque nationale du Rwanda (BNR).
La hausse reflète des tensions internes et le
renchérissement international du pétrole et des engrais. La BNR a donc renforcé
sa politique monétaire restrictive. Pour le FMI, cette orientation devra rester
suffisamment ferme pour ramener progressivement l’inflation vers sa cible.
Le défi pour Kigali est désormais de freiner les prix
sans casser une croissance qui reste parmi les plus dynamiques du continent.
Les finances publiques restent sous
surveillance
Le déficit budgétaire a été ramené à 4,8% du PIB sur
l’exercice 2025/26, grâce notamment à une bonne mobilisation des recettes
fiscales. La répercussion de la hausse des prix internationaux du pétrole sur
les prix à la pompe a également limité le coût des subventions aux carburants.
Le FMI appelle toutefois Kigali à poursuivre
l’assainissement budgétaire afin de préserver un risque modéré de
surendettement et de reconstituer des marges de manœuvre. L’effort devra
notamment porter sur les recettes intérieures et sur une sélection plus
rigoureuse des investissements publics financés par des ressources extérieures.
Des perspectives encore favorables
Le FMI prévoit une croissance de 7,8% en 2026, puis de
7% en 2027. Cette trajectoire reste exposée aux cours des matières premières,
aux tensions commerciales et géopolitiques, au durcissement des conditions de
financement internationales et aux risques climatiques liés notamment à El
Niño.
Le nouveau dispositif d’approvisionnement en pétrole
de la compagnie nationale rwandaise de l’énergie (RNEC) pourrait toutefois
améliorer la sécurité énergétique et réduire les coûts d’achat de carburant.
Pour Kigali, l’enjeu dépasse donc les 35,7 millions de
dollars attendus. Le respect des critères du programme permet de préserver la
confiance des partenaires financiers, mais la véritable bataille se joue
désormais sur les prix. Avec une inflation à 15,7%, le Rwanda doit démontrer
qu’il peut maintenir sa forte croissance sans laisser les tensions
inflationnistes s’installer durablement.
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