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  • 16/09/2026

Proparco investit 10 millions de dollars dans Africa50 pour débloquer les infrastructures vertes en Afrique

Proparco engage 10 millions de dollars dans le fonds AGIA-PD, géré par Africa50, pour financer la préparation et la structuration de projets d’infrastructures vertes en Afrique. L’enjeu dépasse ce ticket d’investissement : transformer davantage de projets encore trop risqués ou insuffisamment préparés en opportunités capables d’attirer des capitaux publics et privés.

 

Le financement des infrastructures africaines ne bute pas uniquement sur le manque de capitaux. Entre une idée de projet et une infrastructure effectivement financée, il existe une étape moins visible mais décisive : les études, la structuration financière, les montages juridiques et la préparation technique qui permettent de transformer un projet en actif « bancable ». C’est précisément sur ce maillon que Proparco vient renforcer son intervention.

 

Le bras financier de l’Agence française de développement (AFD) a annoncé un investissement de 10 millions de dollars dans la tranche senior du Fonds de développement de projets de l’Alliance pour les infrastructures vertes en Afrique (AGIA-PD), géré par Africa50. L’opération doit contribuer à constituer un portefeuille de projets d’infrastructures vertes suffisamment mûrs pour attirer ensuite des financements de long terme.

 

Le financement commence avant le financement

 

L’originalité d’AGIA-PD tient précisément à son positionnement. Le fonds n’a pas vocation à financer directement l’ensemble des infrastructures qu’il cible. Il intervient en amont, lorsque les promoteurs doivent encore financer les différentes étapes nécessaires à la transformation d’un projet en opportunité d’investissement.

 

Cette phase comprend notamment la préparation, la structuration et le développement des projets. Autrement dit, AGIA-PD cherche à prendre une partie du risque situé avant l’arrivée des banques, des investisseurs institutionnels ou des fonds d’infrastructure.

 

C’est un enjeu majeur sur un continent où les besoins d’infrastructures restent considérables. Proparco estime les besoins annuels d’investissement entre 130 et 170 milliards de dollars, alors que des millions d’Africains restent privés de services essentiels. Selon les données citées par l’institution, 43% de la population africaine n’a toujours pas accès à l’électricité et 30% ne bénéficie pas de services d’eau potable gérés en toute sécurité.

 

Le problème est donc double : mobiliser davantage de capitaux, mais aussi disposer d’un nombre suffisant de projets suffisamment préparés pour absorber ces capitaux.

 

Un fonds de 400 millions de dollars pour créer un effet de levier

 

Avec une cible de 400 millions de dollars, AGIA-PD cherche à intervenir sur cette première étape du cycle de financement des infrastructures. Africa50 indique que le fonds pourrait contribuer à générer jusqu’à 10 milliards de dollars d’opportunités d’investissement dans des infrastructures vertes bancables à travers le continent.

 

Le fonds avait déjà réalisé un premier closing de 118 millions de dollars en août 2025, avec notamment la Banque africaine de développement, la coopération allemande à travers KfW, la Banque ouest-africaine de développement, le Foreign, Commonwealth & Development Office britannique, le Soros Economic Development Fund et l’African Climate Foundation parmi ses investisseurs. L’arrivée de Proparco et du Fonds italien pour le climat renforce cette base de financement.

 

Le mécanisme recherché est celui d’un effet multiplicateur : mobiliser du capital au stade où le risque est encore élevé afin de faire émerger des projets capables, une fois suffisamment avancés, de mobiliser des montants bien supérieurs.

 

C’est aussi ce qui explique l’importance stratégique du développement de projets dans le financement des infrastructures. Un milliard de dollars disponible ne suffit pas si les projets capables de l’absorber n’existent pas encore sous une forme suffisamment solide pour les investisseurs.

 

Les énergies renouvelables et l’eau au cœur du dispositif

 

AGIA-PD cible en priorité les infrastructures vertes et résilientes au changement climatique. Son portefeuille doit notamment couvrir les énergies renouvelables, les infrastructures hydrauliques et d’autres actifs durables.

 

L’objectif est ainsi de répondre simultanément à deux défis africains : réduire le déficit d’infrastructures et accompagner la transition énergétique du continent.

 

Pour Africa50, cette approche permet également de s’attaquer à ce que le gestionnaire du fonds présente comme l’un des principaux obstacles à l’investissement privé dans les infrastructures africaines : le manque de ressources consacrées au développement des projets. L’institution compte actuellement 38 actionnaires, dont 33 pays africains, la Banque africaine de développement et plusieurs institutions financières régionales.

 

L’investissement de Proparco s’inscrit donc dans une logique qui dépasse la seule opération financière. En intervenant en amont, l’institution française cherche à contribuer à la création d’un pipeline de projets susceptibles, à terme, de mobiliser des capitaux publics et privés à une échelle beaucoup plus importante.

 

L’enjeu, au fond, est moins de financer directement 10 millions de dollars d’infrastructures que de contribuer à faire émerger les prochains projets africains capables d’attirer des centaines de millions, voire des milliards de dollars de capitaux. C’est sur cette capacité à transformer le potentiel en projets finançables que se jouera une partie de la prochaine bataille africaine pour les infrastructures.