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  • 17/03/2026

Rwanda : Mines, services et café propulsent la croissance à 9,4% en 2025

L’économie du Rwanda a enregistré une croissance de 9,4% en 2025, largement au-dessus de l’objectif officiel de 7%. Portée par l’essor des services, l’expansion de l’activité minière et la forte progression des cultures d’exportation, la performance confirme la dynamique économique du pays, qui s’impose parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique.

 

Selon les chiffres publiés par le ministère des Finances et l’Institut national de la statistique du Rwanda (NISR), le produit intérieur brut aux prix courants a atteint 23 387 milliards de francs rwandais, contre 19 918 milliards en 2024, marquant une progression significative de la taille de l’économie.

 

« Nous avions prévu une croissance de 7%, mais les chiffres définitifs montrent que nous avons atteint 9,4%. Il s’agit d’une croissance forte et résiliente », a déclaré Yusuf Murangwa, ministre des Finances et de la Planification économique. Selon lui, cette performance reflète à la fois la vitalité du secteur privé et les effets des politiques publiques de transformation économique.

 

Le gouvernement rwandais vise désormais une croissance moyenne de 9,3% dans le cadre de la seconde Stratégie nationale de transformation (NST2), feuille de route qui doit guider le développement économique du pays dans les prochaines années.

 

La dynamique s’est d’ailleurs renforcée au fil de l’année. La croissance trimestrielle est passée de 6,5% au premier trimestre à 7,8% au deuxième, avant d’accélérer nettement à 11,8% au troisième trimestre et de terminer l’année à 11,2% au quatrième.

 

Les services restent le moteur de l’économie

 

Premier pilier de l’économie rwandaise, le secteur des services, qui représente 52% du PIB, a progressé de 9% en 2025.

 

La croissance a été particulièrement marquée dans le commerce de gros et de détail ainsi que dans les services d’information et de communication, tous deux en hausse de 15%.

 

Les services financiers ont enregistré une progression de 7%, tandis que les activités de transport ont également augmenté de 7%, portées par la forte expansion du transport terrestre (+11%), qui demeure l’épine dorsale de la mobilité intérieure du pays.

 

Les mines tirent l’industrie vers le haut

 

Le secteur industriel, qui représente 22% du PIB, a enregistré une croissance solide de 11%.

 

La progression a été largement tirée par les industries extractives, en hausse de 17%, grâce à une augmentation de 33% de l’activité minière. Cette dynamique confirme le rôle croissant du secteur minier dans la stratégie de diversification économique du Rwanda.

 

La construction a progressé de 11%, soutenue par les investissements dans les infrastructures, tandis que le secteur manufacturier a affiché une croissance de 10%, notamment grâce à une hausse de 35% de la production de minéraux non métalliques, dont le ciment.

 

L’envolée du café booste les exportations agricoles

 

Troisième pilier de l’économie, l’agriculture, qui pèse 20% du PIB, a progressé de 7% en 2025.

 

La production de cultures vivrières a augmenté de 3%, mais ce sont surtout les cultures d’exportation qui ont dynamisé le secteur, avec une progression spectaculaire de 32%.

 

La production de café, l’un des principaux produits d’exportation du pays, a bondi de 60%, tandis que celle de thé a progressé de 8%.

 

Selon Jean Claude Mwizerwa, directeur général adjoint du NISR, certains ralentissements sectoriels observés au cours de l’année ne suscitent toutefois pas d’inquiétude.

« Le ralentissement des services de santé n’est pas préoccupant. Les investissements réalisés ces dernières années mettent parfois du temps à produire leurs effets », a-t-il expliqué.

 

Il a également relativisé la baisse du transport aérien, l’attribuant en partie aux tendances observées à l’échelle mondiale, tout en soulignant que le transport terrestre reste le principal vecteur de mobilité et d’activité économique dans le pays.

 

Avec une croissance proche de 10%, le Rwanda confirme ainsi sa place parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique subsaharienne, même si le défi reste désormais de maintenir ce rythme dans un contexte international marqué par l’incertitude économique.