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  • 18/09/2026

Sommet Russie-Afrique : Les promesses face aux résultats

À quelques semaines du sommet Russie-Afrique des 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, les chiffres montrent un écart entre les ambitions affichées depuis 2019 et les résultats obtenus. Le commerce progresse, mais plusieurs grands projets restent encore au stade des accords ou des études.

 

En 2019, lors du premier sommet organisé à Sotchi, Moscou avait annoncé 92 accords et promis de doubler ses échanges commerciaux avec l’Afrique pour dépasser 40 milliards de dollars par an.

 

L’objectif n’a pas été atteint. En 2024, les échanges représentaient 27,7 milliards de dollars. Le déséquilibre reste important : la Russie a vendu pour 24,2 milliards de dollars de marchandises à l’Afrique, contre seulement 3,5 milliards achetés au continent.

 

Des investissements encore limités

 

La présence économique russe reste modeste. Selon la Banque mondiale, les investissements russes représentent moins de 1% des investissements étrangers présents en Afrique subsaharienne. Lorsqu’elle investit, la Russie se concentre surtout sur les mines, le pétrole, le gaz et les métaux. Son implantation reste donc largement tournée vers les secteurs stratégiques et les ressources naturelles.

 

Dans le nucléaire, Rosatom a signé des accords avec plusieurs pays africains. Mais l’Égypte reste le seul exemple concret, avec la centrale d’El Dabaa actuellement en construction.

 

Le blé, une promesse tenue

 

Moscou a respecté son engagement de livrer gratuitement 200 000 tonnes de céréales à six pays africains en 2024. Cela illustre une différence essentielle : une livraison de céréales peut être réalisée rapidement et coûte finalement très peu à la Russie, contrairement à une infrastructure ou une usine qui nécessite financement, études, autorisations et plusieurs années de travaux.

 

Les 23 milliards de dollars de dettes africaines annulées, régulièrement mis en avant par Vladimir Poutine, doivent aussi être replacés dans leur contexte. Une grande partie correspond à d’anciennes créances datant de l’époque soviétique, effacées progressivement depuis plusieurs années.

 

Autre élément révélateur : fin 2025, le prochain sommet devait encore se tenir sur le continent africain. Il aura finalement lieu à Moscou.

 

Le rendez-vous d’octobre sera donc attendu sur des résultats concrets : des projets financés, des chantiers lancés et des retombées économiques visibles pour les pays africains.

 

F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info