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  • 30/06/2026

Afrique du Sud : Afreximbank engage 14 milliards de dollars pour relancer l'industrie et faire de Pretoria un moteur de la ZLECAf

Avec un programme de pays de 14 milliards de dollars, Afreximbank signe l'un de ses engagements les plus ambitieux en faveur de l'Afrique du Sud. L'objectif dépasse le simple financement de projets : il s'agit d'accélérer la réindustrialisation du pays, de renforcer son rôle dans les chaînes de valeur africaines et de faire de la première économie industrielle du continent un pilier de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

 

L'Afrique du Sud et la Banque africaine d'import-export (Afreximbank) ouvrent un nouveau chapitre de leur coopération économique. Le gouvernement sud-africain et l'institution financière panafricaine ont signé un protocole d'accord établissant un programme de pays d'une capacité de financement pouvant atteindre 14 milliards de dollars américains, destiné à accompagner les grandes priorités de développement de Pretoria au cours des prochaines années.

 

Paraphé le 20 juin 2026 à Alamein, en Égypte, par le président d'Afreximbank, le Dr George Elombi, et le ministre sud-africain du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence, Mpho Parks Tau, cet accord intervient quelques mois seulement après l'adhésion officielle de l'Afrique du Sud à l'accord constitutif d'Afreximbank. Il traduit la volonté commune d'inscrire le pays au cœur de la stratégie d'industrialisation et d'intégration économique portée par la banque panafricaine.

 

Au-delà de son montant, l'accord répond à un contexte économique particulier. Malgré la taille et la diversification de son économie, l'Afrique du Sud est confrontée depuis plusieurs années à une croissance atone, à des difficultés persistantes d'approvisionnement en électricité, à une compétitivité industrielle sous pression et à un chômage structurel parmi les plus élevés du continent. Dans ce contexte, le renforcement des capacités industrielles, des infrastructures logistiques et des investissements productifs est devenu une priorité stratégique pour Pretoria.

 

Le programme ne correspond pas à un décaissement immédiat de 14 milliards de dollars. Il constitue plutôt une enveloppe de financement mobilisable progressivement, combinant prêts, accompagnement technique, ingénierie de projets et services de conseil destinés à soutenir les investissements publics et privés. Les ressources seront orientées vers le développement des infrastructures industrielles, la production et le transport d'énergie, les réseaux logistiques ainsi que les secteurs susceptibles de renforcer la compétitivité des entreprises sud-africaines et leurs échanges avec le reste de l'Afrique.

 

Une attention particulière sera portée à l'inclusion économique. Afreximbank consacrera 3 milliards de dollars à un programme destiné à améliorer l'accès au financement des entreprises et des populations historiquement défavorisées. L'ambition est de favoriser leur participation aux secteurs productifs, de stimuler la création de richesse et de contribuer à une croissance davantage partagée dans un pays où les inégalités demeurent parmi les plus marquées au monde.

 

Pour George Elombi, ce partenariat illustre une ambition qui dépasse largement les frontières sud-africaines. Selon le président d'Afreximbank, ce programme doit permettre d'accélérer la transformation locale des ressources minières et agricoles, de stimuler les échanges commerciaux dans le cadre de la ZLECAf et d'encourager les investissements sud-africains sur l'ensemble du continent. L'accord, estime-t-il, renforcera également l'inclusion financière tout en consolidant la présence opérationnelle d'Afreximbank dans l'une des économies les plus stratégiques d'Afrique.

 

Le gouvernement sud-africain partage cette lecture. Pour le ministre Mpho Parks Tau, le partenariat constitue un instrument concret pour accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine. En renforçant les chaînes de valeur régionales et en levant progressivement les obstacles qui freinent encore la circulation des biens, des services et des capitaux, Pretoria entend consolider sa position de plateforme industrielle au service du marché africain.

 

La coopération entre les deux parties ne se limitera pas aux seuls financements. Le protocole d'accord prévoit notamment la relance du Programme de promotion du commerce et des investissements Afrique du Sud-Afrique (SATIPP 2.0), un appui technique à la création d'une banque sud-africaine d'import-export, le développement de parcs industriels et de zones économiques spéciales, le cofinancement de projets énergétiques, notamment dans les énergies renouvelables, ainsi que la valorisation locale des ressources minérales. L'assistance technique, le renforcement des capacités institutionnelles et la préparation de projets d'investissement figurent également parmi les axes majeurs de cette coopération.

 

L'ensemble de ces initiatives s'inscrit dans les grandes orientations économiques définies par Pretoria à travers le Plan national de développement à l'horizon 2030, le Plan de développement à moyen terme 2024-2029 et le programme GAIN, destiné à soutenir une croissance plus inclusive et plus compétitive.

 

Pour Afreximbank, cet accord illustre l'évolution de son rôle sur le continent. Longtemps perçue comme une banque spécialisée dans le financement du commerce, l'institution s'affirme désormais comme l'un des principaux leviers de l'industrialisation africaine. Forte de plus de 48,5 milliards de dollars d'actifs et de provisions à fin 2025, elle multiplie les interventions destinées à renforcer les chaînes de valeur régionales, à soutenir la transformation locale des matières premières et à accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf.

 

Au-delà de l'Afrique du Sud, ce partenariat envoie un signal plus large. À l'heure où de nombreux pays africains cherchent à transformer leurs ressources sur place plutôt qu'à les exporter à l'état brut, Afreximbank confirme sa volonté de devenir le principal partenaire financier de cette nouvelle phase d'industrialisation. Si les engagements annoncés se traduisent effectivement par des investissements concrets, Pretoria pourrait devenir l'un des principaux laboratoires de cette ambition continentale.