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  • 12/02/2026

Afrique du Sud : Résilience économique sous pression et réformes clés

L’Afrique du Sud a traversé une année 2025 marquée par l’incertitude mondiale et des défis internes persistants. Pourtant, son économie a montré une capacité de résistance impressionnante. Selon le Fonds monétaire international (FMI), le pays a puisé dans ses abondantes ressources naturelles, ses institutions indépendantes et son cadre de politique monétaire solide pour limiter les dégâts.

 

La croissance économique a atteint 1,3% en 2025, portée par une consommation privée dynamique. L’inflation, quant à elle, s’est stabilisée à 3,2%, ce qui a permis au pays de réduire son objectif d’inflation à 3% pour les prochaines années. Le compte courant est resté stable malgré la hausse des droits de douane américains et l’incertitude politique mondiale, et le secteur bancaire conserve sa solidité.

 

Pour autant, le FMI avertit : les risques ne sont pas écartés. La dette publique a atteint 77% du PIB, freinant la croissance potentielle et l’emploi. La fragmentation interne, le protectionnisme croissant et la lenteur des réformes continuent de peser sur l’économie. Les administrateurs du FMI insistent sur l’importance d’une consolidation budgétaire crédible et socialement équitable, qui combine maîtrise de la dette, protection des groupes vulnérables et mobilisation des recettes intérieures.

 

Sur le plan monétaire, la Banque de réserve sud-africaine est saluée pour sa gestion de l’inflation et l’adoption d’un objectif plus strict. Le FMI recommande une approche progressive et flexible, capable de préserver la crédibilité de la politique monétaire face à de nouveaux chocs externes.

 

Le secteur financier reste sous vigilance. Les réformes bancaires, les filets de sécurité et les mesures de lutte contre le blanchiment d’argent ont permis au pays de sortir de la « liste grise » du GAFI. Les autorités sont encouragées à renforcer la supervision des banques et institutions financières, à faciliter l’accès au financement pour les PME et à moderniser le système de paiement.

 

Enfin, le FMI met l’accent sur les réformes structurelles : électricité, logistique, climat des affaires. Leur mise en œuvre déterminera si la résilience actuelle peut se transformer en une croissance durable et inclusive. L’implication accrue du secteur privé, la réduction des disparités territoriales et l’amélioration de la gouvernance sont au cœur de ces efforts.

 

Pour l’Afrique du Sud, la trajectoire est claire : consolider les acquis, réduire les vulnérabilités et accélérer les réformes. C’est ce chemin qui permettra au pays de transformer la stabilité actuelle en croissance soutenue et durable.