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  • 12/02/2026

Burkina Faso : La loi de finances 2026 durcit la collecte de la TVA

Au Burkina Faso, la loi de finances 2026 marque un tournant décisif dans la mobilisation des recettes publiques. Publiée début février, elle introduit un renforcement du dispositif de collecte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), sans toucher au taux officiel de 18%. La mesure phare ? La retenue à la source de la TVA, déjà existante, est portée de 20% à 30%, signifiant que l’État encaisse une part plus importante de l’impôt dès le paiement des factures, et non plus seulement lors des déclarations fiscales.

 

Pour les entreprises, cette réforme n’est pas anodine. La collecte anticipée peut peser sur la trésorerie, en particulier pour les petites et moyennes structures. Mais pour le gouvernement, c’est un levier stratégique : sécuriser les recettes dans un contexte budgétaire tendu, où les pressions sécuritaires et la baisse des appuis extérieurs imposent de renforcer l’autonomie financière.

 

Cette réforme s’inscrit également dans un mouvement plus large de modernisation fiscale. Le Burkina Faso prévoit de généraliser, à partir de juillet 2026, la facturation électronique certifiée, un dispositif qui vise à automatiser et sécuriser la collecte de la TVA, tout en réduisant les risques de fraude.

 

Analystes et entreprises scrutent désormais l’impact de cette mesure sur le climat des affaires. Si la TVA reste inchangée, la pression sur la trésorerie et la rigueur accrue des contrôles risquent de modifier les pratiques commerciales et de pousser certaines entreprises à anticiper davantage leurs engagements fiscaux. Pour l’État, c’est un pari clair : asseoir la fiscalité intérieure comme un pilier central de son budget et renforcer la souveraineté économique du pays.