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  • 23/07/2026

Côte d'Ivoire face au GAFI : Le dernier examen avant le retour dans le cercle des places financières de confiance

Du 8 au 11 septembre 2026, la Côte d'Ivoire jouera une partie décisive de sa crédibilité financière. Une délégation du Groupe d'action financière (GAFI) est attendue à Abidjan pour une mission de vérification sur place, ultime étape avant une éventuelle sortie de la liste grise lors de la plénière prévue en octobre. Plus qu'un simple audit technique, cette visite constitue un véritable test de confiance pour l'économie ivoirienne et l'ensemble de son secteur financier.

 

Depuis son inscription sur la liste grise, la Côte d'Ivoire a engagé une vaste réforme de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). En quelques mois, les autorités ont renforcé la coopération entre les institutions de contrôle, accru les enquêtes financières, amélioré les mécanismes de confiscation des avoirs criminels et renforcé la supervision des établissements financiers et des professions non financières assujetties. Ces progrès ont été reconnus par le GAFI, mais doivent désormais être constatés sur le terrain.

 

Contrairement à une idée répandue, la mission ne consistera pas à examiner uniquement les textes de loi. Les experts du GAFI chercheront avant tout des preuves concrètes que les réformes fonctionnent effectivement. Ils analyseront notamment le nombre d'enquêtes ouvertes, les condamnations prononcées, les biens saisis, la qualité des déclarations d'opérations suspectes transmises par les banques, ainsi que la capacité des autorités à identifier les véritables bénéficiaires des entreprises.

 

Cette approche est devenue la norme du GAFI. L'organisation internationale privilégie désormais l'efficacité des dispositifs plutôt que leur simple conformité juridique. Un pays peut disposer d'une législation moderne, mais rester sous surveillance si celle-ci n'est pas effectivement appliquée.

 

Les enjeux économiques sont considérables. La présence sur la liste grise accroît les obligations de vigilance des banques étrangères vis-à-vis des établissements ivoiriens. Les transactions internationales peuvent être davantage contrôlées, certains investisseurs retardent leurs décisions et les coûts de conformité augmentent pour les opérateurs financiers. Sans constituer des sanctions, ces contraintes pèsent sur la compétitivité financière du pays.

 

À l'inverse, une sortie de la liste grise constituerait un signal fort adressé aux marchés internationaux. Pour les banques, les compagnies d'assurance, les fintechs et les investisseurs institutionnels, elle traduirait la reconnaissance d'un environnement réglementaire plus robuste. Ce serait également un atout supplémentaire pour l'ambition d'Abidjan de s'imposer comme l'un des principaux hubs financiers d'Afrique de l'Ouest.

 

Le Directeur général du GIABA s'est montré optimiste ces dernières semaines. Selon lui, la Côte d'Ivoire a exécuté son plan d'action en environ dix-huit mois, soit avant l'échéance initialement prévue. Si la mission de septembre confirme ces avancées, la plénière du GAFI d'octobre pourrait officialiser la sortie du pays de la liste grise.

 

Rien n'est toutefois acquis. Les équipes du GAFI s'assureront que les résultats observés sont durables et ne répondent pas uniquement à un objectif ponctuel de retrait de la liste. Elles vérifieront également que les mécanismes de contrôle continueront de produire des résultats dans le temps, indépendamment de la mission d'évaluation.

 

Au-delà de la conformité réglementaire, cette visite représente donc un moment stratégique pour la Côte d'Ivoire. Dans un contexte où les investisseurs accordent une importance croissante à la gouvernance financière et à la transparence, l'issue de cette mission pourrait renforcer durablement l'attractivité du pays auprès des bailleurs internationaux, des banques correspondantes et des grands investisseurs privés.