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  • 23/07/2026

Côte d’Ivoire : L’or et le pétrole propulsent les prix industriels à un niveau record

La dynamique industrielle ivoirienne reste fortement influencée par l’évolution des marchés internationaux des matières premières. En mai 2026, les prix à la production dans l’industrie ont enregistré une hausse de 15,4% sur un an, portée principalement par l’envolée des cours de l’or et des hydrocarbures, selon les dernières données de l’Agence Nationale de la Statistique (ANStat).

 

Cette progression confirme une tendance déjà observée depuis le début de l’année. Sur les cinq premiers mois de 2026, l’Indice des prix de production dans l’industrie (IPPI) affiche une augmentation cumulée de 17% par rapport à la même période en 2025.

 

Derrière cette hausse globale se cache toutefois une évolution contrastée selon les secteurs. Les industries extractives concentrent l’essentiel de la pression haussière, tandis que les industries manufacturières connaissent une progression plus modérée. À l’inverse, les secteurs de l’électricité, du gaz, de l’eau et de l’environnement affichent une stabilité remarquable.

 

L’or, principal moteur de l’envolée des prix

 

Le secteur extractif constitue le principal facteur de progression de l’IPPI en mai 2026. Les prix de production des industries extractives ont bondi de 30,9% sur un an, avec une hausse cumulée de 42,5% sur les cinq premiers mois de l’année.

 

Selon l’ANStat, cette évolution est principalement liée à la flambée des prix des minerais métalliques (+36,7%), elle-même soutenue par la forte progression des cours de l’or brut (+38,6%).

 

La contribution des activités minières à la hausse globale est particulièrement importante. Les industries extractives représentent ainsi 12,11 points sur les 15,44 points de progression de l’indice général en mai. L’extraction de minerais métalliques représente à elle seule 8,03 points de contribution.

 

Cette performance traduit l’importance croissante du secteur minier dans l’économie ivoirienne, alors que le pays cherche à diversifier ses sources de croissance au-delà de ses filières agricoles traditionnelles.

 

Les hydrocarbures entretiennent la pression sur les coûts

 

Le pétrole participe également à cette dynamique haussière. Les prix de production des hydrocarbures progressent de 17,1% sur un an, avec une augmentation de 25,4% pour le pétrole.

 

L’ANStat explique cette évolution par le contexte international marqué notamment par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui continuent d’influencer les marchés énergétiques mondiaux.

 

Pour les industriels utilisant des dérivés pétroliers comme intrants, cette situation représente un facteur de pression supplémentaire sur les coûts de production et les marges.

 

Le raffinage tire les industries manufacturières

 

Les industries manufacturières enregistrent une hausse plus contenue de leurs prix de production, à 6,6% sur un an. Sur les cinq premiers mois de 2026, leur progression cumulée atteint 2,3%.

 

Cette évolution est largement portée par la branche du raffinage pétrolier et de la cokéfaction, dont les prix de production augmentent de manière spectaculaire, avec une progression de 56,9%.

 

Cette seule activité contribue à hauteur de 4,03 points à la hausse de l’indice global.

 

D’autres segments industriels connaissent également une progression, notamment le travail du bois et la fabrication d’articles en bois hors meubles (+21,4%).

 

Cependant, la tendance n’est pas uniforme. L’industrie alimentaire affiche un recul de 3,3% sur un an, un mouvement qui contraste avec la progression enregistrée sur les cinq premiers mois de l’année précédente.

 

L’énergie reste un facteur de stabilité

 

Alors que les matières premières industrielles renchérissent, les secteurs de l’électricité, du gaz et de l’eau jouent un rôle d’amortisseur.

 

Les prix de production dans ces branches restent inchangés à fin mai 2026, après l’ajustement tarifaire de l’électricité intervenu en janvier 2024.

 

Cette stabilité offre davantage de visibilité aux entreprises industrielles dans leur gestion des coûts, dans un environnement où les prix des matières premières restent particulièrement volatils.

 

Les industries environnementales affichent également une stabilité prolongée, leurs prix n’ayant pas évolué depuis janvier 2019.

 

Un enjeu stratégique pour l’industrialisation ivoirienne

 

Ces chiffres mettent en lumière une économie industrielle ivoirienne encore fortement dépendante des cycles mondiaux des matières premières.

 

Si la hausse des prix de l’or et du pétrole constitue une opportunité pour les entreprises extractives et les recettes liées aux exportations, elle pose également la question de la compétitivité des industries de transformation.

 

Pour les investisseurs et les institutions financières, l’enjeu sera d’évaluer la capacité du secteur industriel ivoirien à transformer cette dynamique favorable des matières premières en investissements productifs, en emplois et en davantage de valeur ajoutée locale.

 

Dans sa trajectoire d’émergence industrielle, la Côte d’Ivoire devra donc réussir un équilibre délicat : profiter de la rente minière et énergétique tout en consolidant une base manufacturière capable de soutenir durablement la croissance.