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  • 16/01/2026

Fin des privilèges pour les géants de l’or : Newmont, AngloGold et Gold Fields perdent leurs accords garantissant des impôts fixes

Le Ghana tourne la page des accords de stabilité fiscale qui garantissaient des conditions fixes aux multinationales de l’or. Newmont, AngloGold Ashanti et Gold Fields vont devoir s’adapter à un nouveau cadre plus exigeant, tandis que l’État vise à maximiser ses revenus et son impact local.

 

Le gouvernement ghanéen a confirmé qu’il ne renouvellera pas l’accord de stabilité de Newmont, expiré en décembre 2025. Les accords similaires détenus par AngloGold Ashanti et Gold Fields ne seront pas prolongés à leur échéance respective. Isaac Tandoh, directeur par intérim de la Minerals Commission, a qualifié cette décision de « tournant stratégique » pour le secteur minier national.

 

Ces accords de stabilité minière offraient aux sociétés étrangères des conditions fiscales et réglementaires figées sur plusieurs années. Concrètement, ils garantissaient aux entreprises un taux d’impôt et de redevances inchangé, même en cas de modification des politiques gouvernementales. Si ces protections ont attiré des investissements étrangers, elles ont aussi limité la capacité du Ghana à bénéficier pleinement de la hausse des prix de l’or.

 

Désormais, le pays entend renforcer ses recettes et sa souveraineté économique. Un projet de loi sera prochainement présenté au Parlement pour doubler les redevances minières et imposer davantage de règles sur le contenu local. Les sociétés devront acheter plus de biens et services au Ghana et investir davantage dans l’économie nationale.

 

Pour les entreprises, la fin des accords représente une incertitude fiscale accrue et un défi stratégique sur leurs marges et projections financières. Avec une production annuelle combinée de plusieurs tonnes d’or, le changement de cadre pourrait augmenter de manière significative la charge fiscale globale des multinationales.

 

Pour le Ghana, cette réforme est une opportunité majeure : elle permet d’augmenter les recettes publiques, de renforcer l’impact économique local et d’affirmer la souveraineté du pays face aux grandes multinationales. Le gouvernement envoie ainsi un signal clair aux investisseurs internationaux : le Ghana reste attractif, mais à ses propres conditions.


La fin des accords de stabilité marque une étape décisive pour le secteur minier ghanéen. À court terme, les multinationales devront réajuster leurs stratégies. À long terme, le Ghana espère attirer des investissements plus responsables, renforcer ses finances publiques et maximiser la valeur locale de ses ressources aurifères.