L’inflation en Ouganda a ralenti à 2,9% en février 2026, contre 3,2% en janvier, selon les données publiées par l’Uganda Bureau of Statistics (UBOS). Ce recul apporte un souffle aux ménages, mais les disparités sectorielles et régionales montrent que la stabilité reste fragile.
Services : un ralentissement marqué
Les services, longtemps moteurs de l’inflation, ont vu
leur hausse passer de 4,8% à 4,1%. Le transport aérien illustre ce retournement
: après une flambée de 8,8% en janvier, la hausse n’était plus que de 0,5% en
février. Les soins de santé ont également ralenti (3,8% à 2,8%).
L’éducation reste inflationniste, mais son rythme
s’est nettement réduit (7,6% à 4,1%). Ce ralentissement contribue à la baisse
globale, mais les services demeurent un poste sensible.
Alimentation : un répit pour les ménages
Les produits alimentaires et boissons non alcoolisées
affichent une inflation de 1,8%, contre 3,0% en janvier. Les tomates ont chuté
de 17,6%, accentuant la baisse déjà amorcée. Les légumes frais et les haricots
secs ont reculé.
Cependant, certains produits essentiels continuent de
grimper : le maïs (+10,8%) et le poisson séché (+8,5%) traduisent des tensions
ponctuelles sur l’offre. Cette dualité montre que le panier alimentaire reste
instable.
Énergie : une pression croissante
Contrairement aux denrées alimentaires, l’énergie
repart à la hausse. L’inflation annuelle du secteur est passée de 1,7% à 2,7%.
Le charbon (+6,0%) et le bois de feu (+10,3%) ont fortement augmenté. Les
carburants suivent la même tendance : essence (+3,4%) et diesel (+0,8%).
Cette dynamique énergétique risque de peser sur les
coûts de production et sur le budget des ménages, dans un pays dépendant des
importations de carburants.
Disparités régionales
Les écarts géographiques sont marqués. Masaka affiche
l’inflation la plus élevée (3,8%), portée par la hausse des produits
alimentaires et des biens de consommation courante. À l’opposé, Arua enregistre
la plus faible inflation (1,1%), grâce à une stabilité des prix alimentaires et
une baisse des boissons alcoolisées.
À Kampala, les ménages à hauts revenus subissent une
inflation de 3,5%, principalement liée au logement et aux services de
restauration.
Inflation mensuelle : une stabilité
trompeuse
Sur une base mensuelle, l’inflation est restée à 0,3%
en février, identique à janvier. Les hausses des prix alimentaires (+0,8%) et
de l’énergie (+0,6%) ont été compensées par un recul du transport (-0,6%).
Cette stabilité traduit un équilibre fragile, où les hausses et baisses
sectorielles s’annulent sans garantir une tendance durable.
Contexte régional et enjeux
Le ralentissement s’inscrit dans une dynamique
régionale : plusieurs pays d’Afrique de l’Est cherchent à contenir les
pressions sur les prix. La Banque d’Ouganda rappelle que sa politique monétaire
vise à maintenir l’inflation proche de la cible de 5%, tout en soutenant la
croissance.
Mais la dépendance aux importations de carburants et
la volatilité des prix alimentaires exposent l’économie à des chocs externes.
Les ménages urbains, principaux concernés par l’indice, ressentent directement
ces variations dans leur budget quotidien.
L’inflation en Ouganda ralentit, mais reste marquée
par des contrastes. La baisse des prix alimentaires apporte un répit, tandis
que l’énergie et certains services continuent de peser. La vigilance est
nécessaire : une remontée des prix mondiaux du pétrole ou une mauvaise saison
agricole pourrait rapidement inverser la tendance.
Comme le souligne l’UBOS dans son rapport : «
L’inflation annuelle pour les 12 mois à février 2026 s’établit à 2,9 %, contre
3,2% en janvier ». Un chiffre encourageant, mais qui appelle à une lecture
nuancée et à une anticipation des risques.
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