Le Groupe Ecobank a lancé, à la Bourse de Londres, la première obligation nature au monde émise par une banque commerciale, conformément aux principes de l’ICMA, créant ainsi une nouvelle voie pour orienter les capitaux internationaux et africains vers la protection de la biodiversité africaine. L’opération a bénéficié du soutien d’investisseurs internationaux et africains.
L’obligation de 450 millions de dollars a été fixée à l’issue d’une forte demande des investisseurs, le carnet d’ordres final dépassant 1,36 milliard de dollars, soit 3,9 fois l’objectif initial. La vigueur de la demande a permis à Ecobank d’augmenter l’opération de 100 millions de dollars et de resserrer le prix de 50 points de base.
L’agence de notation Moody’s a attribué à cette opération sa plus haute note de qualité en matière de durabilité, SQS1 Excellent. L’obligation soutiendra les agriculteurs africains, les entreprises d’agriculture durable et les systèmes hydriques, contribuant ainsi à protéger certains des écosystèmes les plus importants de la planète.
Les marchés internationaux et africains des capitaux disposent désormais d’un mécanisme crédible et évolutif pour financer la protection du capital naturel africain à travers les communautés qui en dépendent.
Des impacts concrets en Afrique
L’Afrique abrite une partie des capitaux naturels les plus importants au monde, notamment des terres arables, des forêts tropicales, des systèmes d’eau douce et une biodiversité s’étendant sur des centaines de millions d’hectares. Pourtant, jusqu’à présent, les capitaux privés dédiés à la nature n’ont pas afflué vers l’Afrique à la hauteur de l’importance écologique du continent pour la résilience écologique mondiale. Bien qu’elle abrite 25 % de la biodiversité mondiale, l’Afrique reçoit moins de 3 % des financements consacrés à la nature.
L’obligation nature d’Ecobank constitue une réponse directe à ce déficit. Elle soutiendra les petits exploitants agricoles adoptant des pratiques agricoles durables, les entreprises de transformation agricole dotées de chaînes d’approvisionnement vérifiées sans déforestation, ainsi que des infrastructures hydriques protégeant les écosystèmes d’eau douce dont dépendent des millions de personnes. Contrairement à de nombreux instruments de financement axés sur la conservation, cette obligation canalise directement les capitaux vers l’économie réelle africaine — en finançant des entreprises et des communautés dont les activités quotidiennes influencent les résultats environnementaux à grande échelle.
Les investissements seront réalisés dans 24 marchés, avec un déploiement important dans des pays prioritaires pour la biodiversité tels que la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Ghana. Fait important, 81 % du portefeuille de prêts éligibles est alloué à des pays où le changement d’affectation des terres agricoles constitue le principal facteur de perte de biodiversité, ce qui permet d’orienter les capitaux vers les zones où ils peuvent avoir le plus grand impact environnemental.
Le cadre intègre également des mécanismes indépendants de suivi et de vérification, notamment des contrôles de déforestation et des exigences de traçabilité des chaînes d’approvisionnement, afin de garantir que les activités financées produisent des résultats mesurables et positifs pour la nature. Chaque prêt éligible est assorti de sept conditions de durabilité vérifiées de manière indépendante.
Le lancement de cette obligation intervient également à un moment où les gouvernements et les investisseurs du monde entier font face à une pression croissante pour mobiliser des capitaux privés en faveur de la protection de la biodiversité et de l’utilisation durable des terres.
« Cette opération marque un moment décisif pour la finance durable en Afrique. Les investisseurs ne se sont pas contentés de soutenir cette obligation ; ils en ont demandé davantage, nous permettant d’en augmenter la taille et d’en resserrer le prix », a déclaré Jeremy Awori, directeur général du Groupe Ecobank.
Il a par ailleurs ajouté que cette obligation concerne les agriculteurs, les coopératives et les communautés dont les moyens de subsistance dépendent d’écosystèmes sains.
Qu’est-ce qu’une Obligation Nature ?
Une obligation nature, selon la désignation secondaire de l’ICMA, exige que les fonds levés contribuent activement à des résultats positifs pour la nature, notamment en transformant les activités économiques afin de réduire à grande échelle les facteurs de dégradation de la nature.
Alors que les obligations vertes financent généralement un large éventail d’objectifs environnementaux, la désignation Obligation Nature concentre l’utilisation des fonds spécifiquement sur des résultats liés à la nature, notamment la biodiversité, l’agriculture durable, l’utilisation des terres et les infrastructures hydriques.
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