La fintech sénégalaise InTouch renforce sa présence sur le marché des infrastructures numériques destinées aux administrations publiques africaines. Après cinq pays, dont la Côte d'Ivoire et le Gabon, l'entreprise fondée par Omar Cissé vient de décrocher un contrat de dix ans en Gambie pour améliorer le suivi et la collecte des recettes de l'État.
De Dakar à Banjul, InTouch poursuit son expansion sur le marché des services numériques aux administrations publiques. Le 30 octobre 2026, la fintech sénégalaise a signé un accord de dix ans avec le ministère gambien des Finances et des Affaires économiques et la Gambia Revenue Authority (GRA). Retenue à l'issue d'un appel d'offres international ayant réuni trois candidats, elle sera chargée de déployer un dispositif numérique de suivi des transactions, de collecte des paiements et de contrôle des recettes publiques.
Le secteur des jeux en ligne figure parmi les principales activités ciblées par cette réforme. Grâce à une infrastructure technologique dédiée, les autorités gambiennes pourront suivre les transactions en temps réel, disposer de données consolidées sur les recettes dues à l'État et détecter plus facilement les éventuels écarts entre les montants collectés et ceux reversés au Trésor.
Le dispositif permettra également aux contribuables de régler leurs taxes et redevances par différents canaux, notamment le mobile money, les points de vente partenaires et les agents de terrain.
Six marchés africains
Fondée en 2014 à Dakar par Omar Cissé, InTouch s'est initialement développée dans l'agrégation des moyens de paiement et les services numériques. L'entreprise cherche désormais à valoriser cette expertise auprès des administrations publiques, un marché porté par les besoins croissants de digitalisation des finances publiques.
Avec la Gambie, le groupe revendique une expérience dans six pays africains : la Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Gabon, le Burkina Faso, la Guinée-Bissau et désormais la Gambie. Cette dernière implantation marque également une ouverture vers un marché anglophone situé hors des espaces monétaires de l'UEMOA et de la CEMAC.
Cette diversification s'appuie sur une trajectoire soutenue par des investisseurs internationaux. En 2017, InTouch avait levé 10 millions d'euros auprès de Total, devenu TotalEnergies, et de Worldline. En 2021, le groupe CFAO et Mobility 54, le véhicule d'investissement de Toyota Tsusho consacré aux entreprises innovantes en Afrique, ont également rejoint son capital.
La souveraineté des données en question
Au-delà de la modernisation des procédures fiscales, le contrat gambien met en évidence un autre enjeu : la maîtrise des données financières par les États. L'intervention d'un prestataire privé dans le suivi des transactions publiques soulève notamment des questions relatives à la propriété, à l'hébergement et à la protection de ces informations.
« Les données sur les flux financiers d'un pays et la collecte des recettes dues aux budgets nationaux doivent rester sous la maîtrise des États », souligne Omar Cissé.
Pour les gouvernements africains, la digitalisation des recettes représente un levier potentiel d'amélioration du recouvrement fiscal, sans nécessairement augmenter les taux d'imposition. Pour InTouch, elle ouvre un marché institutionnel aux perspectives de croissance, au-delà de ses activités traditionnelles de paiement.
Les conditions financières du contrat gambien n'ont pas été rendues publiques. Sa durée de dix ans témoigne néanmoins de la volonté des autorités de Banjul d'inscrire cette transformation dans le temps.
Zinia Farnandiz Sep 28, 2024
Absolutely loved this post! Your tips on how to style a blazer are spot on. Keep up the great work, can’t wait for your next post!
Loren Watson Sep 18, 2024
Cover broad of topic in web development industry. Explained a lot of basic programming knowledge with easy to understand explanation.
Walter White Sep 29, 2024
Employees who have the flexibility to work remotely often report higher job satisfaction. This can lead to increased employee retention workforce.