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  • 08/01/2026

Ghana : Le gouvernement discute avec les créanciers des titres Saderea

Le gouvernement ghanéen a annoncé, le 6 janvier dernier, avoir tenu des discussions privées avec les principaux détenteurs des titres Saderea, des obligations émises en 2016 pour financer le pays. Ces titres, d’une valeur initiale de 253 millions de dollars, portent un taux d’intérêt élevé de 12,5% et arrivent à échéance en 2026. Aujourd’hui, il reste environ 118 millions de dollars à rembourser.

 

Que sont les titres Saderea ?

 

Les titres Saderea sont des obligations internationales : en pratique, ce sont des prêts accordés au Ghana par des investisseurs, remboursés avec intérêts. Ils sont dits garantis (senior secured), ce qui signifie que les créanciers ont une priorité de remboursement par rapport à d’autres dettes. 

 

En raison de leur taux élevé, ils reflètent le risque financier du pays au moment de l’émission.

 

 

Pourquoi ces discussions ?

 

Le Ghana traverse une période de forte pression budgétaire et cherche à alléger son calendrier de remboursement. Après avoir déjà restructuré une partie de sa dette en 2024 (les Eurobonds), il veut maintenant trouver un accord avec les détenteurs des titres Saderea. 

 

Un comité ad hoc, représentant 97,5% des créanciers, participe aux négociations, ce qui facilite la recherche d’un compromis.

 

Le scénario proposé

 

Le gouvernement et les créanciers ont étudié un scénario de travail conjoint qui consisterait à échanger les titres actuels contre de nouvelles obligations à plus longue échéance :

 

- 986 de dollars en obligations amortissables à coupon progressif, échéance 2035 ; 

- 330 de dollars en obligations à 1,5%, échéance 2037. 

 

Autrement dit, pour chaque tranche de 1 000 dollars de dette actuelle, les créanciers recevraient de nouveaux titres, mais avec des conditions plus souples pour le Ghana.

 

Les effets attendus

 

Ce plan permettrait :

- une réduction de 20% de la valeur actualisée de la dette ; 

- une extension de 8 ans de la durée de remboursement ; 

- une annulation totale du service de la dette entre 2023 et 2026, donnant de l’air au budget national.

 

Prudence et incertitudes

 

Le communiqué officiel insiste : il n’y a aucune garantie qu’un accord définitif sera conclu. Les discussions doivent encore être affinées, validées juridiquement et obtenir le consentement de 100% des créanciers. 

 

Le gouvernement souligne néanmoins le caractère constructif des échanges et remercie les investisseurs pour leur coopération.