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  • 05/02/2026

Lutte contre les flux financiers illicites : Le Nigéria et le Mozambique scellent une alliance stratégique hors de la liste grise du GAFI

À Arusha, en Tanzanie, loin des projecteurs mais au cœur des enjeux globaux de gouvernance financière, le Nigéria et le Mozambique ont posé un acte fort. En marge des réunions du Groupe Egmont des cellules de renseignement financier, les deux pays ont formalisé un nouveau partenariat stratégique dans la lutte contre la criminalité financière, à travers la signature d’un protocole d’accord entre la Nigeria Financial Intelligence Unit (NFIU) et la Financial Intelligence Unit du Mozambique.

 

Signé par Hafsat Abubakar Bakari pour le Nigéria et Aurelio Matavele pour le Mozambique, ce mémorandum d’entente vise à structurer une coopération renforcée autour de quatre piliers clés : la formation, le renforcement des capacités techniques, l’échange d’informations financières sensibles et la collaboration opérationnelle contre les flux financiers illicites et les crimes associés.

 

Au-delà de l’aspect bilatéral, l’accord s’inscrit dans une dynamique beaucoup plus large. Il intervient à un moment charnière où Abuja comme Maputo cherchent à consolider les acquis de leurs réformes en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Les deux pays ont en effet récemment été retirés de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), une étape déterminante dans le rétablissement de leur crédibilité financière internationale.

 

Dans un environnement mondial marqué par une surveillance accrue des flux transfrontaliers et une tolérance de plus en plus faible à l’opacité financière, cette coopération Sud-Sud prend une valeur stratégique particulière. Elle traduit une volonté assumée de ne plus subir les standards internationaux, mais de les intégrer durablement dans les architectures nationales de conformité et de renseignement financier.

 

Pour le Nigéria, première économie d’Afrique, comme pour le Mozambique, pays clé d’Afrique australe engagé dans des réformes structurelles, ce partenariat envoie un signal clair aux marchés, aux investisseurs et aux partenaires multilatéraux : la sortie de la liste grise n’est pas une fin en soi, mais le point de départ d’une coopération renforcée et proactive contre la criminalité financière.

 

À travers cette alliance, les deux cellules de renseignement financier affirment une ambition commune : faire de la coopération internationale un levier central de la stabilité financière et de l’intégrité des systèmes économiques africains.