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  • 20/02/2026

Microfinance : le Togo engage une réforme majeure pour sécuriser le secteur


Le gouvernement togolais a adopté, lors du conseil des ministres du 19 février 2026, un projet de loi visant à réformer le secteur de la microfinance. Ce texte transpose dans la législation nationale la loi uniforme adoptée par l’UMOA en décembre 2023, avec pour objectif de combler les insuffisances du cadre actuel, notamment en matière de gouvernance, de gestion du crédit, de contrôle interne et de fiabilité des systèmes d’information.

L’adoption de ce texte devrait permettre au pays de s'aligner sur la dynamique régionale de consolidation du secteur. La nouvelle architecture réglementaire introduit un cadre plus structuré, organisé en plusieurs volets couvrant l’agrément, la gouvernance, la supervision et la protection des clients. Elle renforce aussi les exigences en matière de contrôle interne, de transparence financière et de discipline prudentielle.

Selon le gouvernement, « La transposition de cette loi uniforme permettra de consolider la stabilité financière, de renforcer l’inclusion financière, de mieux protéger les usagers et d’assurer la conformité de notre pays aux standards internationaux en matière de microfinance. »

Parmi les évolutions attendues figurent l’introduction de standards de gouvernance plus stricts, l’encadrement des dirigeants, ainsi que la mise en place de mécanismes renforcés de supervision et de sanctions. Le texte prévoit également des dispositifs de protection des clients, incluant des mécanismes de médiation et des garanties accrues pour les déposants.

Avec ses 3,5 millions de clients, le secteur de la microfinance au Togo constitue un pilier de l’économie de proximité au sein du pays, avec un encours de dépôts frôlant les 404 milliards FCFA à la fin 2024. Le paysage est porté par une soixantaine d'institutions agréées, qui couvrent l’ensemble du territoire et compensent tant bien que mal les limites du système bancaire traditionnel, contribuant ainsi à renforcer l’inclusion financière nationale. A cet effet, il faut noter qu’en 2024, le taux d’inclusion financière est passé de 87,7 % à 89,04 %, positionnant le Togo au deuxième rang de l’UEMOA.

Le gouvernement prévoit, l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale d’inclusion financière 2026-2030, un projet spécifique en faveur des jeunes, la création d’un bureau d’innovation pour la promotion de la fintech et le renforcement de la gouvernance et de la gestion des risques dans les institutions de microfinance.