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  • 29/08/2025

Migrants expulsés : Le Rwanda inaugure son accord avec Washington

Le gouvernement rwandais confirme l’arrivée, à la mi-août 2025, d’un premier groupe de sept personnes expulsées des États-Unis, au titre d’un accord bilatéral récemment conclu. Dans un communiqué, la porte-parole du gouvernement, Yolande Makolo, écrit : « Le premier groupe de sept migrants contrôlés est arrivé au Rwanda à la mi-août ». Ces personnes sont accompagnées par une organisation internationale, avec suivi de l’OIM et des services sociaux rwandais.

 

Que prévoit l’accord ? Annoncé début août, il permet aux États-Unis de transférer jusqu’à 250 personnes vers le Rwanda, après un accord signé discrètement à Kigali en juin 2025. L’engagement porte sur des individus passés au crible, non poursuivis pour certaines infractions, avec hébergement, soins de santé et formation professionnelle assurés côté rwandais. Le montant de la subvention américaine n’est pas rendu public.

 

Et ces sept personnes, maintenant ? Selon Kigali, trois souhaitent retourner dans leur pays d’origine ; quatre envisagent de s’installer au Rwanda, avec un accompagnement vers l’emploi. Aucune information d’identité/nationalité n’a été publiée à ce stade.

 

Côté Washington, ces transferts s’inscrivent dans une politique migratoire durcie, incluant des expulsions vers pays tiers, au nom de la sécurité nationale et de la dissuasion. Le Rwanda devient l’un des rares pays du continent engagés dans de tels accords avec les États-Unis, aux côtés de l’Ouganda, de l’Eswatini et du Soudan du Sud.

 

Cet accord intervient après l’échec du partenariat migratoire Royaume-Uni–Rwanda, finalement abandonné à Londres, ce qui repositionne Kigali comme plateforme d’accueil sous convention avec une puissance occidentale.

 

Les critiques existent. Des organisations de défense des droits humains mettent en garde contre des risques de violations du droit des réfugiés et contestent la sécurité juridique de ces transferts.

 

Pour Kigali, l’enjeu est double : financement externe (non divulgué) et capital politique à l’international, en échange d’un dispositif d’accueil à petite échelle mais très visible. Pour le terrain, la clé sera la capacité d’intégration : logement, santé, amélioration rapide des compétences professionnelles et placement, afin d’éviter une prise en charge longue et coûteuse. Les autorités promettent cet accompagnement ; il faudra mesurer dans le temps le taux d’insertion et le coût par personne.