Inflation en reflux, naira sous contrôle, banques recapitalisées : la Banque centrale du Nigéria affiche une confiance prudente dans l’avenir économique du pays.
Après deux années de turbulences monétaires et de
réformes parfois douloureuses, le Nigéria veut croire au retour à l’équilibre.
Dans son Macroeconomic Outlook 2026, la Banque centrale du Nigéria (CBN)
dessine une trajectoire économique faite de discipline, de consolidation et de
réformes structurelles, dans un environnement mondial toujours incertain.
Le message est clair : la phase d’urgence est derrière,
place désormais à la stabilisation durable.
Une économie qui reprend de la respiration
Selon la CBN, l’économie nigériane devrait accélérer
en 2026, avec une croissance attendue autour de 4,5%, contre près de 3,9% en
2025. Cette reprise serait portée par plusieurs moteurs : la montée en
puissance des secteurs non pétroliers, l’amélioration de la production
d’hydrocarbures, mais surtout un climat macroéconomique jugé plus lisible.
Le secteur des services, pilier de l’économie
nigériane, continuerait de tirer la croissance, soutenu par les
télécommunications, la finance, le commerce et les transports. L’agriculture,
bien que toujours vulnérable aux chocs climatiques et sécuritaires, devrait
également contribuer positivement, grâce aux politiques de soutien à la
production et à la transformation locale.
Inflation : le nerf de la guerre monétaire
C’est sans doute sur le front de l’inflation que la
Banque centrale se montre la plus confiante. Après avoir culminé à des niveaux
élevés, la hausse des prix est projetée en nette décélération, autour de 13% en
2026, contre plus de 21% en moyenne en 2025.
Cette désinflation serait le fruit d’un cocktail
assumé : politique monétaire restrictive prolongée, stabilisation du marché des
changes, amélioration de l’offre alimentaire et énergétique, et effets retardés
des réformes engagées depuis 2023.
Signe fort : la CBN confirme sa transition progressive
vers un régime de ciblage de l’inflation, un tournant institutionnel majeur
pour la première économie d’Afrique. Objectif affiché : ancrer les
anticipations, renforcer la crédibilité de la politique monétaire et rompre
avec les cycles inflationnistes chroniques.
Le naira, symbole d’une normalisation en
cours
Longtemps point faible de l’économie nigériane, le
marché des changes apparaît aujourd’hui plus maîtrisé. La Banque centrale mise
sur la poursuite de la stabilité du naira, soutenue par l’afflux de devises
issues des exportations, des investissements de portefeuille et des transferts
de la diaspora.
Les réformes du marché des changes – plus de
transparence, unification progressive des taux, nouvelles plateformes de
cotation – ont permis de réduire les distorsions et de restaurer un minimum de
confiance. Les réserves de change, en hausse, constituent un autre filet de
sécurité dans un contexte international volatil.
Banques : recapitalisation ou
marginalisation
Autre pilier de la stratégie de stabilisation : le renforcement
du système bancaire. La vaste opération de recapitalisation engagée par la CBN
vise à doter les banques nigérianes de fonds propres suffisants pour financer
l’économie réelle, absorber les chocs et accompagner l’ambition d’un Nigéria à
mille milliards de dollars de PIB.
Derrière l’exercice, un message sans ambiguïté :
seules les banques solides survivront. Pour les investisseurs, c’est un signal
de sérieux. Pour les établissements les plus fragiles, un test de vérité.
Des finances publiques sous surveillance
Sur le plan budgétaire, la Banque centrale anticipe
une amélioration progressive des finances publiques, portée par la mise en
œuvre de la Nigeria Tax Act 2025, l’élargissement de l’assiette fiscale et une
meilleure mobilisation des recettes non pétrolières.
La dette publique, bien que contenue autour de 35% du
PIB, reste sous étroite surveillance. La CBN insiste sur la nécessité d’une
coordination étroite entre politique budgétaire et politique monétaire pour
éviter toute rechute inflationniste.
Optimisme, mais sous conditions
La Banque centrale ne cache toutefois pas les zones de
risque. Un choc pétrolier, une recrudescence des tensions géopolitiques, une
dégradation sécuritaire ou un dérapage budgétaire pourraient fragiliser la
trajectoire projetée.
D’où le ton général du rapport : optimisme mesuré,
presque pédagogique. Le Nigéria avance, mais sur une ligne de crête.
Un message aux marchés
Au-delà des chiffres, le Macroeconomic Outlook 2026
est un document de communication stratégique. Il s’adresse autant aux Nigérians
qu’aux investisseurs internationaux, aux agences de notation et aux partenaires
financiers.
La CBN veut montrer un Nigéria réformateur,
discipliné, capable de parler le langage de l’orthodoxie économique tout en
poursuivant ses objectifs de croissance et d’inclusion.
Reste à savoir si cette stabilité annoncée résistera à
l’épreuve du réel. Mais une chose est sûre : le Nigéria a clairement changé de
discours. Et, sur les marchés, le discours compte presque autant que les
chiffres.
Zinia Farnandiz Sep 28, 2024
Absolutely loved this post! Your tips on how to style a blazer are spot on. Keep up the great work, can’t wait for your next post!
Loren Watson Sep 18, 2024
Cover broad of topic in web development industry. Explained a lot of basic programming knowledge with easy to understand explanation.
Walter White Sep 29, 2024
Employees who have the flexibility to work remotely often report higher job satisfaction. This can lead to increased employee retention workforce.