News
  • 09/01/2026

Ouganda : L’économie change d’échelle, le PIB attendu à 68,4 milliards de dollars

Portée par plusieurs décennies de réformes économiques et une discipline macroéconomique revendiquée, l’économie ougandaise affiche une trajectoire de croissance soutenue. À l’horizon juin 2026, le produit intérieur brut du pays est attendu à 68,4 milliards de dollars. Une performance qui interroge autant sur sa solidité que sur sa capacité à se traduire en progrès sociaux durables.

 

L’État ougandais se montre confiant quant à la trajectoire de son économie. Selon les autorités financières, le pays disposerait désormais des leviers nécessaires pour franchir un nouveau palier de développement et consolider sa place dans l’économie régionale et mondiale.

 

S’exprimant publiquement à Kampala, le secrétaire au Trésor, Ramathan Ggoobi, a rappelé que les réformes engagées depuis la fin des années 1980 ont profondément transformé la structure économique du pays. « Le gouvernement continuera de prendre des mesures délibérées pour accélérer la transformation socio-économique et renforcer la position du pays dans l’économie mondiale », a-t-il déclaré.

 

Au fil des décennies, l’État ougandais a progressivement libéralisé son économie. La suppression des contrôles des prix, l’ouverture des marchés, la libéralisation du marché des changes et l’assouplissement des flux de capitaux ont redéfini l’environnement économique. Ces choix ont été complétés par une diversification des exportations, des privatisations ciblées et une rationalisation de l’appareil étatique.

 

Cette orientation s’est accompagnée d’une gestion macroéconomique axée sur la stabilité. La maîtrise de l’inflation, la structuration de l’administration fiscale dès le début des années 1990 et les investissements continus dans les infrastructures ont contribué à renforcer la résilience de l’économie.

 

Les chiffres avancés traduisent cette montée en puissance. La taille de l’économie ougandaise aurait été multipliée par dix-sept depuis la fin des années 1980. À l’horizon juin 2026, le produit intérieur brut est attendu à 68,4 milliards de dollars, contre des niveaux bien plus modestes il y a encore une quinzaine d’années.

 

Les indicateurs sociaux suivent une tendance jugée positive par les autorités. Le revenu national brut par habitant s’établissait à 1 278 dollars lors de l’exercice 2024-2025, contre environ 570 dollars dix ans plus tôt. Ce niveau place désormais l’Ouganda au-dessus du seuil requis pour accéder à la catégorie des pays à revenu intermédiaire inférieur, avec une projection à 1 324 dollars par habitant à l’horizon 2025-2026.

 

La pauvreté recule également, selon les données officielles. Le taux serait passé de 21,4% en 2016 à 16,1% en 2025. Dans le même temps, la part des ménages vivant essentiellement d’une économie de subsistance a fortement diminué, signe d’une transition progressive vers des activités génératrices de revenus monétaires.

 

À plus long terme, l’État ougandais affiche des ambitions élevées. L’objectif est de porter la taille de l’économie à 500 milliards de dollars d’ici 2040, en concentrant les ressources publiques sur plusieurs secteurs jugés stratégiques afin de stimuler l’emploi et la transformation locale.

 

Reste un enjeu central : la capacité de cette croissance à produire des effets durables et inclusifs. Si les agrégats macroéconomiques témoignent d’un changement d’échelle, la réussite du modèle ougandais se mesurera surtout à l’amélioration concrète des conditions de vie de la population et à la réduction des inégalités.