Portée par plusieurs décennies de réformes économiques et une discipline macroéconomique revendiquée, l’économie ougandaise affiche une trajectoire de croissance soutenue. À l’horizon juin 2026, le produit intérieur brut du pays est attendu à 68,4 milliards de dollars. Une performance qui interroge autant sur sa solidité que sur sa capacité à se traduire en progrès sociaux durables.
L’État ougandais se montre confiant quant à la
trajectoire de son économie. Selon les autorités financières, le pays
disposerait désormais des leviers nécessaires pour franchir un nouveau palier
de développement et consolider sa place dans l’économie régionale et mondiale.
S’exprimant publiquement à Kampala, le secrétaire au
Trésor, Ramathan Ggoobi, a rappelé que les réformes engagées depuis la fin des
années 1980 ont profondément transformé la structure économique du pays. « Le
gouvernement continuera de prendre des mesures délibérées pour accélérer la
transformation socio-économique et renforcer la position du pays dans
l’économie mondiale », a-t-il déclaré.
Au fil des décennies, l’État ougandais a
progressivement libéralisé son économie. La suppression des contrôles des prix,
l’ouverture des marchés, la libéralisation du marché des changes et
l’assouplissement des flux de capitaux ont redéfini l’environnement économique.
Ces choix ont été complétés par une diversification des exportations, des
privatisations ciblées et une rationalisation de l’appareil étatique.
Cette orientation s’est accompagnée d’une gestion
macroéconomique axée sur la stabilité. La maîtrise de l’inflation, la
structuration de l’administration fiscale dès le début des années 1990 et les
investissements continus dans les infrastructures ont contribué à renforcer la
résilience de l’économie.
Les chiffres avancés traduisent cette montée en
puissance. La taille de l’économie ougandaise aurait été multipliée par
dix-sept depuis la fin des années 1980. À l’horizon juin 2026, le produit
intérieur brut est attendu à 68,4 milliards de dollars, contre des niveaux bien
plus modestes il y a encore une quinzaine d’années.
Les indicateurs sociaux suivent une tendance jugée
positive par les autorités. Le revenu national brut par habitant s’établissait
à 1 278 dollars lors de l’exercice 2024-2025, contre environ 570 dollars dix
ans plus tôt. Ce niveau place désormais l’Ouganda au-dessus du seuil requis
pour accéder à la catégorie des pays à revenu intermédiaire inférieur, avec une
projection à 1 324 dollars par habitant à l’horizon 2025-2026.
La pauvreté recule également, selon les données
officielles. Le taux serait passé de 21,4% en 2016 à 16,1% en 2025. Dans le
même temps, la part des ménages vivant essentiellement d’une économie de
subsistance a fortement diminué, signe d’une transition progressive vers des
activités génératrices de revenus monétaires.
À plus long terme, l’État ougandais affiche des
ambitions élevées. L’objectif est de porter la taille de l’économie à 500
milliards de dollars d’ici 2040, en concentrant les ressources publiques sur
plusieurs secteurs jugés stratégiques afin de stimuler l’emploi et la
transformation locale.
Reste un enjeu central : la capacité de cette
croissance à produire des effets durables et inclusifs. Si les agrégats
macroéconomiques témoignent d’un changement d’échelle, la réussite du modèle
ougandais se mesurera surtout à l’amélioration concrète des conditions de vie
de la population et à la réduction des inégalités.
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