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  • 26/10/2026

Ouganda : l’État sollicite 319 millions de dollars sur le marché intérieur, avec des taux jusqu’à 16%

L’État ougandais prévoit de mobiliser 1 400 milliards de shillings ougandais, soit environ 319 millions de dollars (180 milliards FCFA), lors d’une adjudication d’obligations du Trésor programmée le 28 octobre 2026. Les titres proposés affichent des coupons compris entre 15% et 16%, pour des échéances allant de deux à vingt-cinq ans.

 

La Banque d’Ouganda prépare une nouvelle opération de financement de l’État sur le marché intérieur. Dans un avis publié le 15 octobre, l’institution monétaire invite les banques et les spécialistes en valeurs du Trésor à soumissionner pour quatre lignes d’obligations, dont les échéances s’étendent jusqu’en 2050.

 

L’opération porte sur un montant total de 1 400 milliards de shillings ougandais, réparti entre quatre maturités. La tranche à deux ans représente 250 milliards de shillings, celle à cinq ans 350 milliards, tandis que les obligations à quinze et vingt-cinq ans portent respectivement sur 450 milliards et 350 milliards de shillings.

 

Sur la base des taux de change indicatifs du 26 octobre 2026, l’enveloppe recherchée équivaut à environ 319 millions de dollars, soit près de 180 milliards FCFA. Cette conversion reste indicative et évolue avec les parités monétaires.

 

Des coupons pouvant atteindre 16%

 

Le principal élément de cette adjudication réside dans la rémunération proposée aux investisseurs. Les obligations à deux ans affichent un coupon de 15,25%, contre 15% pour celles à cinq ans. Le taux remonte à 15,25% pour la maturité de quinze ans, puis à 16% pour les titres à vingt-cinq ans.

 

Ces pourcentages correspondent aux taux nominaux des obligations. Ils ne constituent pas nécessairement les rendements effectifs que percevront les investisseurs, lesquels dépendent notamment du prix d’acquisition des titres.

 

L’écart entre les maturités montre également que l’État propose une rémunération nominale plus élevée pour son emprunt le plus long. En contrepartie, les investisseurs acceptent d’immobiliser leurs capitaux sur une période beaucoup plus étendue, avec une exposition accrue aux variations des taux d’intérêt et à l’inflation.

 

Pour l’État, les obligations à long terme permettent de sécuriser des financements sur plusieurs décennies et de limiter la fréquence des refinancements. Mais cette stratégie implique aussi de maintenir les paiements d’intérêts pendant toute la durée de vie des titres, conformément à leurs conditions d’émission.

 

Les banques au cœur de l’opération

 

La Banque d’Ouganda a fixé la date de l’adjudication au mercredi 28 octobre, avec un règlement prévu le lendemain. Les offres doivent être transmises avant 10 heures, heure locale, par l’intermédiaire du dépositaire central des titres.

 

Le dispositif distingue les offres concurrentielles des offres non concurrentielles. Seules sept banques désignées comme spécialistes en valeurs du Trésor peuvent soumettre des offres concurrentielles : ABSA Bank, Citi Bank, Centenary Bank, DFCU Bank, Housing Finance Bank, Stanbic Bank et Standard Chartered Bank.

 

Les autres banques commerciales peuvent également participer selon les modalités prévues dans l’avis. Les offres concurrentielles sont soumises à un montant minimum de 200,1 millions de shillings ougandais, tandis que le seuil des offres non concurrentielles est fixé à 100 000 shillings.

 

L’allocation doit s’effectuer à un prix unique pour les offres retenues d’une même adjudication, selon les règles annoncées par la banque centrale. Le montant finalement levé dépendra toutefois des soumissions reçues et des décisions d’allocation. La Banque d’Ouganda se réserve le droit de modifier les volumes proposés ou de rejeter des offres.

 

Un coût de financement à surveiller

 

Au-delà du montant recherché, cette opération met en lumière un enjeu important pour les finances publiques : le coût du recours au marché intérieur. Des coupons nominaux compris entre 15% et 16% représentent des engagements financiers significatifs, même si leur incidence réelle doit être appréciée au regard de l’inflation, des conditions de marché et du rendement effectif des titres.

 

Si les quatre tranches étaient intégralement souscrites à leur valeur nominale, les coupons représenteraient, sur la base des montants annoncés, environ 215,25 milliards de shillings ougandais par an, soit près de 49 millions de dollars (28 milliards FCFA). Ce calcul est une estimation théorique : les intérêts effectivement dus dépendront des montants alloués et des conditions de chaque émission.

 

Cette opération ne suffit cependant pas, à elle seule, à mesurer la soutenabilité de la dette ougandaise. Il faudrait notamment examiner l’encours total de la dette publique, les échéances à rembourser, les recettes budgétaires et la part des financements mobilisés sur le marché intérieur.

 

Le résultat de l’adjudication du 28 octobre permettra de déterminer dans quelle mesure les investisseurs acceptent les conditions proposées par l’État. Il apportera également un nouvel éclairage sur sa capacité à mobiliser l’épargne locale pour couvrir ses besoins de financement.