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  • 09/09/2026

Paiements numériques : L’IFC mobilise 700 millions de dollars pour accélérer l’inclusion financière dans les marchés émergents

L’IFC veut s’attaquer à l’un des freins moins visibles au développement des paiements numériques : le risque de règlement auquel sont confrontées les banques et fintechs des marchés émergents. L’institution prévoit jusqu’à 700 millions de dollars de garanties, avec l’ambition de générer 280 milliards de dollars de paiements numériques supplémentaires.

 

À mesure que les paiements numériques progressent dans les marchés émergents, une difficulté demeure : disposer de suffisamment de capacité financière pour participer pleinement aux écosystèmes de paiement mondiaux. C’est précisément sur ce maillon que l’IFC, membre du Groupe de la Banque mondiale, entend intervenir.

 

L’institution spécialisée dans le financement du secteur privé a annoncé, le 9 septembre 2026, le lancement d’une nouvelle initiative de partage des risques destinée aux banques, fintechs et autres institutions financières des marchés émergents.

 

Son principal instrument : jusqu’à 700 millions de dollars de garanties destinées à couvrir une partie du risque de règlement des crédits. Autrement dit, l’IFC cherche à réduire l’exposition des institutions financières afin de leur permettre d’étendre leurs activités de paiement numérique auprès des consommateurs et des petites entreprises.

 

L’enjeu dépasse largement la seule modernisation des moyens de paiement. Dans les économies où l’argent liquide conserve une place dominante, la capacité des petits commerçants à accepter des paiements numériques peut faciliter leur accès à une clientèle plus large, améliorer la traçabilité de leurs revenus et les rapprocher progressivement du système financier formel.

 

« Développer les paiements numériques dans les marchés émergents est l’un des leviers les plus efficaces pour créer des emplois et intégrer les populations à l’économie formelle », souligne Makhtar Diop, directeur général de l’IFC.

 

L’institution estime qu’un petit commerçant capable d’accepter les paiements par carte peut élargir sa clientèle et accroître son chiffre d’affaires. Mais, pour que cette transformation se généralise, les prestataires financiers doivent eux-mêmes disposer des capacités nécessaires pour connecter leurs services aux infrastructures et réseaux de paiement.

 

Un effet de levier de 280 milliards de dollars

 

L’ambition affichée par l’IFC donne la mesure du programme. L’institution estime que les établissements participants pourraient enregistrer une hausse d’environ 280 milliards de dollars des paiements numériques.

 

Le dispositif devrait également permettre l’émission de 360 millions de cartes supplémentaires et l’arrivée de 90 millions d’utilisateurs actifs supplémentaires, dont 39 millions de femmes.

 

Cette dimension est particulièrement importante pour les économies africaines, où les paiements numériques constituent déjà un vecteur majeur de bancarisation et d’inclusion financière. L’IFC a d’ailleurs multiplié ces dernières années les interventions dans les infrastructures et services financiers numériques du continent.

 

En mars 2026, l’institution s’était notamment associée à la fintech Cashi pour développer les paiements numériques en Afrique centrale, notamment au Tchad, où l’utilisation des services financiers formels reste limitée.

 

En Côte d’Ivoire également, l’IFC avait déjà expérimenté des solutions de paiement numérique destinées aux petits commerçants. Ses travaux ont notamment porté sur les paiements marchands et l’utilisation des services financiers numériques dans les commerces de proximité.

 

Les banques et fintechs au cœur du dispositif

 

Le choix de passer par les institutions financières est stratégique. Plutôt que de financer directement les utilisateurs finaux, l’IFC cherche à renforcer la capacité des intermédiaires qui fournissent les services de paiement.

 

Le mécanisme de garantie doit ainsi permettre à davantage de banques et de fintechs de participer aux écosystèmes de paiement et de proposer des services plus accessibles à leurs clients.

 

Cette logique correspond à l’approche plus large de l’IFC en matière de financement du secteur privé : utiliser son bilan et ses instruments de partage des risques pour mobiliser davantage de capitaux et accroître l’impact des financements.

 

En Côte d’Ivoire, par exemple, l’IFC a déjà utilisé des mécanismes de partage des risques pour soutenir le financement des PME, notamment à travers une facilité pouvant atteindre 25,8 millions de dollars avec Société Générale Côte d’Ivoire.

 

La nouvelle initiative transpose cette logique au secteur des paiements. Son objectif n’est donc pas uniquement de financer davantage d’acteurs, mais de permettre à l’écosystème financier de prendre davantage de risques pour accélérer la transition du cash vers le numérique.

 

Pour l’IFC, le pari est clair : en réduisant le risque supporté par les institutions financières, il devient possible d’élargir l’offre, de stimuler la concurrence et, à terme, de faire baisser les barrières qui maintiennent encore une partie des consommateurs et des petites entreprises à l’écart de l’économie numérique.

 

L’institution s’attend ainsi à ce que l’initiative contribue non seulement à augmenter les volumes de transactions numériques, mais aussi à renforcer l’accès aux services financiers pour des populations jusqu’ici insuffisamment desservies, avec une attention particulière portée aux femmes entrepreneures.