Le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) change progressivement d’échelle. En 2026, le volume des transactions traitées par la plateforme a progressé de plus de 1 000% par rapport à la même période de 2025, tandis que leur valeur a augmenté de 125%, selon Mike Ogbalu III, directeur général du PAPSS.
Ces performances traduisent l’accélération de
l’utilisation d’une infrastructure conçue pour faciliter les paiements
transfrontaliers entre pays africains, directement en monnaies locales. Le
PAPSS permet aux banques, fintechs et autres prestataires de paiement connectés
au réseau d’effectuer des transactions instantanées, tout en limitant le
recours aux circuits traditionnels de change et de correspondance bancaire.
Un réseau qui s’élargit
L’augmentation des transactions intervient alors
que le réseau poursuit son expansion. Le PAPSS est actuellement connecté à 30
pays africains et à plus de 200 institutions financières, selon les dernières
données communiquées par sa direction. Dix des 30 pays actuellement connectés
auraient rejoint le système en 2026.
L’objectif est désormais de porter cette
couverture à 38 pays d’ici fin 2026, avant de parvenir à terme à une couverture
de l’ensemble du continent. L’Afrique du Sud reste notamment l’une des
principales économies encore absentes du dispositif, même si des discussions
sont engagées avec les autorités sud-africaines.
Cette montée en puissance intervient alors que le
PAPSS entre dans une nouvelle phase de son développement. Après avoir consacré
ses premières années à construire l’infrastructure, le cadre réglementaire et
les connexions avec les banques centrales et les institutions financières, le
système entend désormais approfondir la valeur créée pour les économies
africaines.
Réduire le coût des échanges africains
L’enjeu dépasse la seule performance d’une
plateforme de paiement. En facilitant les règlements en monnaies locales, le
PAPSS cherche à réduire les coûts et les délais associés aux transactions
transfrontalières, tout en limitant la dépendance aux infrastructures
financières extérieures au continent.
Selon Mike Ogbalu III, le PAPSS aurait déjà
permis de réduire les coûts des paiements transfrontaliers de 90 à 95% dans
certains cas.
Cette dimension est stratégique pour la Zone de
libre-échange continentale africaine (ZLECAf). La fluidité des paiements
constitue en effet l’un des maillons indispensables à l’augmentation du
commerce intra-africain : vendre davantage entre économies africaines suppose
aussi de pouvoir régler ces échanges rapidement, à moindre coût et dans des
conditions compatibles avec les réalités monétaires du continent.
Le PAPSS entend ainsi devenir davantage qu'un
simple système de paiement. Il se positionne comme une pièce d’infrastructure
de l’intégration économique africaine.
La prochaine étape sera donc celle du passage à
l’échelle. Avec 30 pays connectés aujourd’hui et un objectif de 38 à fin 2026,
le PAPSS devra désormais convertir sa croissance en volume de transactions en
une adoption durable par les banques, les entreprises et les acteurs du
commerce transfrontalier.
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