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  • 27/08/2026

RDC-Angola : Le Corridor de Lobito change d’échelle, avec 1,25 milliard USD d’investissement

La RDC vient de franchir une étape majeure dans la transformation du Corridor de Lobito. Kinshasa confie pour 30 ans à Mota-Engil la modernisation et l’exploitation de sa partie du réseau ferroviaire. Derrière ce projet, un objectif simple : mieux acheminer le cuivre et le cobalt congolais vers le port angolais de Lobito et les marchés mondiaux.

 

Le rail congolais veut reprendre du service. Le président Félix Tshisekedi a signé le contrat de concession de la ligne Dilolo-Sakania, qui constitue le principal maillon congolais du Corridor de Lobito.

 

Le contrat prévoit une concession de 30 ans à Mota-Engil Africa. Le groupe portugais devra financer et réaliser la réhabilitation et la modernisation du réseau, avant d'en assurer l'exploitation et la maintenance. À terme, les infrastructures doivent revenir à l'État congolais.

 

Le projet représente un investissement estimé à 1,258 milliard de dollars. Mota-Engil évoque toutefois un engagement pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars sur la durée de la concession.

 

Une nouvelle route pour les minerais congolais

 

Pour comprendre l'importance du projet, il faut revenir à un problème très concret : la RDC est l'un des principaux producteurs mondiaux de cuivre et de cobalt, mais elle doit encore améliorer considérablement les moyens de transporter ces minerais jusqu'aux ports.

 

C'est précisément là que Lobito intervient.

 

Le corridor relie les zones minières du sud de la RDC à Lobito, en Angola, sur la façade atlantique. Les minerais extraits notamment autour de Kolwezi peuvent ainsi être acheminés par train vers le port angolais, puis exportés par voie maritime.

 

La modernisation de la partie congolaise doit progressivement permettre au réseau d'atteindre une capacité de 13,7 millions de tonnes par an.

 

L'objectif est donc de remplacer progressivement une partie du transport routier par le rail. Pour les entreprises minières, cela peut signifier davantage de régularité et une meilleure maîtrise des coûts logistiques.

 

Pourquoi Lobito intéresse autant les grandes puissances

 

Le dossier dépasse cependant largement les frontières de la RDC et de l'Angola.

 

Le cuivre et le cobalt sont devenus des minerais stratégiques, indispensables à de nombreuses industries, notamment aux batteries, aux réseaux électriques et aux technologies liées à la transition énergétique.

 

Les États-Unis cherchent donc à sécuriser davantage leurs approvisionnements en minerais critiques et soutiennent fortement le Corridor de Lobito.

 

En décembre 2025, leur agence de financement du développement, la DFC, avait annoncé une possible enveloppe pouvant atteindre 1 milliard de dollars pour soutenir le projet congolais.

 

La Banque mondiale participe également au développement du corridor.

 

Pour Washington et ses partenaires, Lobito constitue ainsi une nouvelle voie d'accès aux minerais d'Afrique centrale. Pour Kinshasa, c'est surtout une occasion de diversifier ses routes d'exportation et ses partenaires économiques.

 

Mota-Engil, déjà présente en Angola

 

Le choix de Mota-Engil n'est pas anodin.

 

Le groupe portugais participe déjà à l'exploitation de la partie angolaise du Corridor de Lobito, à travers Lobito Atlantic Railway, aux côtés notamment de Trafigura et Vecturis.

 

La logique est donc relativement simple : le même acteur sera présent sur les deux côtés du réseau, ce qui devrait faciliter la continuité des opérations entre l'Angola et la RDC.

 

Le corridor pourra ainsi progressivement fonctionner comme une seule chaîne logistique plutôt que comme une succession de réseaux ferroviaires nationaux.

 

La SNCC reste dans le jeu

 

Kinshasa a également voulu rassurer sur le rôle de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC).

 

La concession ne signifie pas sa privatisation. La société publique conserve ses prérogatives dans le transport ferroviaire national, notamment pour les voyageurs et le transport de marchandises.

 

L'État congolais reste par ailleurs propriétaire des infrastructures. Le modèle retenu est celui d'une concession : un opérateur privé investit, modernise et exploite le réseau pendant une période déterminée, avant sa rétrocession à l'État.

 

Le pari congolais

 

Le véritable enjeu commence désormais.

 

Réhabiliter plus de 1 000 kilomètres de voies ferrées, moderniser les équipements et faire circuler davantage de trains nécessitera du temps et des investissements importants.

 

Mais si le projet atteint ses objectifs, la RDC pourrait disposer d'un outil logistique capable de renforcer considérablement la compétitivité de son industrie minière.

 

Le Corridor de Lobito n'est donc pas simplement un projet ferroviaire. C'est une nouvelle porte de sortie pour les minerais congolais vers l'Atlantique.

 

Et, dans la bataille mondiale pour sécuriser le cuivre et le cobalt, cette porte pourrait peser lourd.