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  • 06/10/2026

Zimbabwe : Le ZiG gagne en stabilité, mais la confiance reste le vrai défi

Inflation contenue, réserves en hausse et baisse des taux : le ZiG affiche des signes de stabilisation. Mais deux ans après son lancement, la monnaie zimbabwéenne doit encore franchir l’étape la plus difficile : gagner durablement la confiance des ménages et des entreprises.

 

Le ZiG commence à produire les résultats attendus par Harare. En septembre, l’inflation annuelle libellée dans cette monnaie s’est établie à 3,7%, après un point bas de 2,9% en août. Sur les neuf premiers mois de 2026, l’inflation mensuelle moyenne ressort à 0,4%.

 

Cette accalmie a permis à la Reserve Bank of Zimbabwe (RBZ) de réduire progressivement son taux directeur, passé de 35% à 30% en juin, puis à 27,5% en septembre. Avec une inflation de 3,7%, les taux réels restent largement positifs, laissant à la banque centrale une marge pour soutenir davantage l’activité.

 

Les réserves renforcent la crédibilité

 

Le deuxième signal favorable vient des réserves de change. Elles sont passées d’environ 1,4 milliard de dollars en juin à près de 2 milliards en septembre, soit autour de deux mois de couverture des importations.

 

Cette progression est soutenue par des entrées de devises de 15,9 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’année, contre 11,6 milliards de sorties. Les exportations, notamment de tabac, d’or, de lithium et de métaux du groupe du platine, constituent le principal moteur.

 

Mais cette amélioration comporte une fragilité : elle dépend largement des matières premières. Un retournement durable des cours pourrait rapidement réduire le coussin extérieur qui contribue aujourd’hui à la stabilité du ZiG.

 

La RBZ devra aussi clarifier une donnée présentée différemment selon les passages de son propre rapport concernant la couverture des dépôts en ZiG par les réserves. Dans un régime monétaire fondé sur la confiance, ce type d’incohérence mérite d’être levé.

 

Le vrai défi : faire adopter le ZiG

 

C’est ici que le bilan devient plus nuancé.

 

Le ZiG représente désormais plus de 40% des transactions du système de paiement, mais son adoption reste l’un des points faibles du dispositif. Le baromètre de la RBZ mesurant les conditions nécessaires à une éventuelle transition vers une monnaie unique est passé de 50,1% en août à 54,9% en septembre.

 

Le détail est révélateur : la stabilité du taux de change affiche un score de 85%, tandis que l’adoption du ZiG et l’accumulation des réserves restent nettement moins avancées.

 

Le Zimbabwe a donc réussi une première étape : stabiliser sa monnaie. Il doit maintenant réussir la seconde : convaincre les agents économiques de lui faire confiance.

La persistance d’une prime d’environ 15 % sur le marché parallèle constitue à cet égard un signal à surveiller, malgré un taux officiel de 26,80 ZiG pour un dollar en fin de période.

 

Le FMI en soutien

 

Le programme suivi par les services du Fonds monétaire international constitue un autre garde-fou. Selon la RBZ, les objectifs quantitatifs de la deuxième revue de septembre ont été atteints, notamment sur les réserves internationales nettes et la base monétaire en ZiG.

 

Ces données restent toutefois provisoires et devront être confirmées dans la suite du programme. Le soutien du FMI sera donc important pour le réengagement international recherché par Harare.

 

La banque centrale maintient par ailleurs que la transition monétaire sera « conditionnée et non datée ».

 

Le ZiG dispose aujourd’hui de plusieurs atouts : inflation maîtrisée, réserves en hausse et politique monétaire plus crédible. Mais une monnaie ne devient pas forte uniquement parce que ses indicateurs s’améliorent.

 

La prochaine bataille du Zimbabwe sera celle de la confiance.